Le Chef du parti Union Panafricaine pour la Démocratie sociale, Pascal TSATY MABIALA , l’esquissait déjà de manière très voilée , dans son discours d’ouverture des travaux de la session inaugurale du Conseil national de cette formation politique, première force de l’opposition. Le communiqué final des travaux clôturés le vendredi 23 janvier 2026 à Brazzaville l’a confirmé sans ambiguïté. L’UPADS ne présentera pas de candidat à l’élection présidentielle du 15 mars prochain, comme il y a cinq ans, lors du scrutin de 2021. Raison évoquée, la non-tenue par le gouvernement d’une kyrielle d’engagements censés assurer l’organisation d’une bonne élection démocratique.
Des applaudissements timides pour saluer la lecture du communiqué final des travaux, en début de soirée. De plus francs suivront après que le maitre de cérémonie les a demandés à la foule. Signe d’un désaccord avec la décision de la direction politique du parti ? Seul l’avenir pourra répondre à cette question.
Le Conseil national lui, serein, a justifié sa décision avec son argumentaire. Le point 10 du communiqué final souligne en effet qu’ « une bonne élection demandeque soient réunis les prérequis de la démocratie, à savoir, liberté et diversité d’opinions , indépendance de la justice, neutralité de la force publique qui doit être au service de la nation et non des individus, participation des observateurs indépendants aux plans local et international , etc. » .
Par ailleurs, le communiqué final des travaux du conseil national de l’UPADS a rappelé les engagements de l’exécutif au sujet de l’organisation des élections : « En s’appuyant sur les engagements pris par le gouvernement au cours des concertations avec les forces vives, le Conseil national constate que le gouvernement manque de volonté, se refuse d’implémenter la biométrie, de plafonner les dépenses de campagne à l’élection présidentielle, d’établir un fichier électoral consensuel, de mettre en place une commission d’organisation des élections réellement indépendante ».
En conséquence, la direction du parti politique créé par l’ancien président de la république Pascal LISSOUBA (de 1992 à 1997) en est arrivé à cette conclusion : « Avoir fait le point de tous ces engagements non tenus par le gouvernement, le conseil national de l’Upads a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle de mars prochain ».
Mais une question demeure. Celle du rôleet de la place du grand électorat de ce parti politique dont l’ancrage, surtout dans trois départements administratifs du sud du pays, est considérable. Un électorat censé influencer ce scrutin présidentiel. La réponse a été claire : « L’UPADS se réserve le droit, le moment venu, de se prononcer sur la consigne à donner aux militants ».
Pascal TSATY MABIALA, Chef du parti s’est, tout naturellement exprimé sur la question dans son discours de clôture de la réunion du conseil national. C’est la fin du suspense, dit-il : « …nous nous sommes prononcés en notre âme et conscience. Notre position est désormais connue, elle doit être expliquée à la base pour ne laisser aucune zone d’ombre sur ce sujet si sensible. Que les choses soient bien claires, L’UPADS n’élude pas le débat démocratique, ni ne se dérobe de la compétition électorale. Bien au contraire, notre position est un appel au dialogue afin de trouver ensemble des solutions aux problèmes des Congolais, à elle seule l’élection, ne pourra rien résoudre au fond ».
Par ailleurs, le président de l’UPADS n’a pas manqué d’évoquer les tractations avec les autres forces de l’opposition, sans toutefois les citer avec précision : « …nous avons , avec des partenaires de l’opposition , formulé et proposé à la classe politique et à la société civile un pacte républicain dans le but de dépasser nos clivages et reconstruire ensemble un Congo plus fort et encore plus uni ».
Une décision pour quelles conséquences ?
L’UPADS, un parti qui commence à s’accommoder à l’image de la chaise vide car c’était déjà le cas en 2021. Une posture qui, s’accordent à dire de nombreux analystes, pourrait non seulement fragiliser le moral de la base militante du parti, créer des fractures endogènes, mais aussi baliser la voie pour ceux qui seront candidats à cette élection majeure. Aussi, cette décision pourrait-elle raviver les velléités des courants politiques nés au sein du parti.
Ça peut donc sentir le début d’un feuilleton explosif au sein d’un parti qui mérite d’autres ambitions, à la place de ce statut d’ « absent chronique à la présidentielle » , au regard de son poids politique et de son passé ( au pouvoir de 1992 à 1997).
Photo à la une : Pascal TSATY MABIALA, président de l’UPADS
Photo intérieur : Les participants lors des travaux du Conseil national
Crédit : Groupe Congo Médias / JEGM

