mercredi, août 12

Des hommes, des femmes, des étudiants, des élèves, des jeunes filles et garçons qui arborent fièrement leur certificat faisant d’eux des producteurs qualifiés de champignons pleurotes, c’est assurément l’image forte de la cérémonie organisée le samedi 19 avril 2025 à Brazzaville par la direction de la coopérative Mycitech Bio Congo, initiatrice des formations. Cette cérémonie qui s’est déroulée en présence d’une déléguée du ministère de l’industrie culturelle, touristique, artistique et des loisirs a été aussi l’occasion de signer un accord de partenariat entre Mycitech Bio Congo et Aqua Mycitech de Cote d’Ivoire, et bien sûr de déguster les champignons pleurotes en modes brochette et maboké  (cuisson à   l’étouffé dans des feuilles sur des braises).

Les soixante-neuf personnes de la cohorte du jour , certifiées en myciculture ( production des champignons)  sont en fait déjà des producteurs , et sont réparties en trois promotions : Father Nelson, Tséngue Tsengue et Evert Van Alphi. La production des pleurotes, une activité rentable, a indiqué Dieu Merci DOUBOU, le formateur de la coopérative, et ici les prix sont cassés pour permettre une plus grande diffusion de la connaissance : « Ailleurs la formation coute cent quarante mille francs pour une séance de quatre heures de temps. D’autres font à cent vingt mille. Mais nous, nous faisons à trente-cinq mille francs (NDLR : Monnaie CFA) … nous ne sommes pas dans la logique d’une activité pécuniaire, mais c’est pour aider la population à s’émanciper (…) lorsque nous nous sommes lancés dans cette activité, nous avons constaté que c’est une activité très très rentable, très lucrative. Nous avons ainsi tendu la perche à des jeunes ».

Cette rentabilité de la myciculture a du reste été confirmée par Lisse, un jeune étudiant qui finance une bonne partie de ses études grâce à cette activité : « …je me suis lancé avec les amis, j’ai vu le concret et aujourd’hui,   cette activité me permet de ne plus dépendre de mes parents à cent pour cent. Déjà concernant le transport pour me rendre à l’université je le gère, pareil pour l’habillement et la restauration à l’université. J’arrive même à consentir des prêts d’argent à mes frères et sœurs, donc ça marche ! ». Janelle est une femme pasteur. Elle aussi, comme Lisse ne regrette pas le choix de la myciculture : « C’est une activité lucrative et qui respecte l’écosystème (…) nous sommes en phase d’expérimentation, d’ici peu nous aurons les résultats ». 

Un cours sur le processus de production séance tenante !

Il a été assuré par Shekinah, une fille de l’école primaire, productrice, de la catégorie poussin. A l’aise dans son expression, très claire dans les explications et convaincante, elle a été gratifié d’une salve d’applaudissements au terme de son cours. De la présentation de la nature des matières premières à l’utilisation du mycélium (genre de semence indispensable pour la production des champignons) en passant par la constitution du substrat hors sol ,  Shekinah a toit expliqué.

La myciculture, c’est aussi la dimension environnementale . Celle-ci est  mise en exergue  par Mycitech Bio Congo. En effet, Sandrina DIAMANA, Présidente de la coopérative,  l’a évoqué dans son adresse : « Avec les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, il est impératif d’explorer les méthodes de culture durables et innovantes. C’est là que vous intervenez chers participants. Vous êtes des acteurs   de cette transformation. Grace à vos nouvelles compétences, vous avez le pouvoir de faire évoluer notre rapport aux champignons et d’inspirer d’autres à suivre le même chemin ».

Signature d’un accord de partenariat dans la foulée !

La cérémonie était à double facette. En effet, elle a été aussi l’occasion de signer un accord de partenariat entre Mycitech Bio Congo et Aqua Mycitech de Côte d’Ivoire, représenté par l’Ivoirien Joseph GUEU, lui-même formé par la coopérative congolaise. L’accord signé par Sandrina DIAMANA pour le compte de Mycitech Bio Congo, consacre une réciprocité en terme de représentation dans les deux pays, ainsi qu’un partage d’expériences.

Les soixante-neuf nouveaux producteurs certifiés de champignons pleurotes viennent grossir le réseau, dans un contexte de difficulté d’approvisionnement en mycélium, cet ingrédient essentiel à la production de champignons. Actuellement dans le pays , il n’existe que deux producteurs de cette matière première, dont un est en dormance , a –t-on appris.  

La dégustation des pleurotes sous forme de brochette et de maboké a été la boucle de la cérémonie. Dans une ambiance bon enfant.

Photo à la une : Une vue des récipiendaires

Photo intérieur 1 : La petite Shekinah expliquant le processus de production

Photo intérieur 2 : Un vue de la signature d’accord de partenariat entre  Mycitech Bio Congo et Aqua Mycitech de Côte d’Ivoire

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