Ça sent déjà 2026, année de l’élection présidentielle, et ça s’anime dans les partis politiques. Au sein de l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) , le courant La Renaissance Panafricaine exige la tenue le plus tôt du congrès ( décembre 2024 ou janvier 2025) « pour nous laisser le temps de préparer un candidat aux élections présidentielles de 2026 parce que l’UPADS doit en avoir un ». Ainsi s’est exprimé Rosine Pulchérie Andrée GOUAMA, Coordonnatrice de ce courant au cours d’une conférence de pressele mardi 15 octobre à Brazzaville.
Les raisons justifiant l’urgence
La politique de la chaise vide pratiquée par le parti lors de l’élection présidentielle de 2021 a été très mal digéré par le courant La Renaissance Panafricaine et par la base du parti , a indiqué Rosine Pulchérie Andrée GOUAMA. Replacer sur orbite le parti , vainqueur de la présidentielle en 1992 avec comme candidat Pascal LISSOUBA , est donc un objectif des plus nobles , et il fait aller vite : « En 2021 l’UPADS n’a pas présenté de candidat à la présidentielle. Ce qui a suscité une grogne et conduit à une démobilisation des militants de la base. On nous a traité de corrompus. Aujourd’hui nous avons du mal à nous expliquer devant les militants de la base. Nous voulons que le congrès soit organisé le plus tôt. Décembre 2024 ou janvier 2025, pour nous laisser le temps de préparer un candidat aux élections présidentielles de 2026 parce que l’UPADS doit en avoir un. Nous sommes contre la ligne directrice du parti. Nous avions gagné les présidentielles, les législatives et les locales en 1992 par ce que l’UPADS à cette époque était un grand parti, il n’était pas un parti des corrompus ».
En rappel, le dernier congrès de ce parti avait été organisé en 2013. Ceux de 2017 et 2021 qui devaient être organisés conformément aux dispositions des textes ne l’ont pas été pour « des raison inavouées auprès des militants », indique un communiqué, qui renchérit que la commission préparatoire du congrès réunie les 12 et 13 octobre 2024 a entériné et acté la convocation d’un congrès ordinaire au deuxième semestre 2025 « selon les désidératas du premier secrétaire sortant ».
Dans sa démarche, le courant La Renaissance Panafricaine qui dit ne pas avoir d’agenda caché, vise à changer la perception que certains ont de ce parti. « Nous voulons juste que l’UPADS ne soit plus ce parti à qui on reproche d’avoir perdu ses lettres de noblesse, qu’il ne soit plus ce parti à qui on reproche d’être devenu jumeau du PCT (Ndlr : Parti congolais du travail, au pouvoir). Nous voulons que l’UPADS soit ce parti qui va reconquérir le pouvoir ».
Un parti mort selon le courant La Renaissance Panafricaine
Des mots très durs et bien assumés par Rosine Pulchérie Andrée GOUAMA. Le parti n’a plus un fonctionnement optimal , soutient-elle. « A vous dire vrai, l’UPADS est morte, parce que les fédérations ne fonctionnent plus, la base n’est plus. Ce qui fonctionne au sein de l’UPADS aujourd’hui c’est le secrétariat national et le conseil national qui est convoqué de temps en temps, un conseil national illégitime ».
Des reproches aux dirigeants actuelles
Rosine Pulchérie Andrée GOUAMA et ses camarades du courant La Renaissance Panafricaine reprochent à l’équipe dirigeante actuelle du parti à la tête de laquelle se trouve Pascal TSATY MABIALA , leader de l’opposition , le tribalisme, le despotisme : « nous avons à la tête de notre parti un despote qui nous dit, je suis la ligne directrice du parti , celui qui ne suit pas ce que je veux la porte est ouverte. Non ! l’UPADS ne lui appartient pas , et il n’est pas un parti tribal ni régionaliste. C’est un parti qui se résume aujourd’hui à une portion de personnes. C’est pas cela le panafricanisme qu’a prôné le professeur Pascal Lissouba ».
Enfin, l’oratrice a fustigé des disfonctionnements administratifs et juridiques au sein du parti. L’UPADS a deux statuts a-t-elle soutenu. Les premiers statuts notariés issus du congrès des 2013 et d’autres élaborés hors congrès. L’UPADS a trois listes des membres du conseil national. « Nos statuts prévoient qu’il n’y a que le congrès qui élit les membres du conseil national. Donc les membres du conseil national sont ceux élus par le congrès de 2013. Tous les 99 ou 100 noms ajoutés sont illégitimes. Le conseil national lui-même est illégitime. Quatre ans de mandat, son mandat était terminé depuis 2017 », a conclu l’oratrice .
Photo : Rosine Pulchérie Andrée GOUAMA (au centre) lors de la conférence de presse.
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