Les résultats de l’enquête Afrobarometer Congo Round 10, réalisée entre septembre et octobre 2024 à travers tout le pays par le partenaire national, l’association Avenir Nepad Congo , ont été présentés le mardi 26 novembre 2024 à Brazzaville. Une vraie mine d’informations qui répond à plusieurs interrogations en lien avec la problématique des violences basées sur le genre au Congo. L’atelier de présentation a été organisé dans la foulée de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme (25 novembre-10 décembre) de lutte contre les violences basées sur le genre, il a mobilisé les représentants de plusieurs partenaires d’Avenir Nepad Congo.
La présentation des résultats a été assurée par le Docteur Etanislas NGODI, Coordonnateur d’Avenir Nepad. Le rapport indique que la majorité de l’échantillon des 1200 Congolais estime que les discriminations et le harcèlement contre les femmes et les filles sont courantes dans leur communauté. Selon la majorité des Congolais interrogés, les discriminations et le harcèlement contre les femmes et les filles sont courants dans leur communauté. Le rapport de l’enquêté précise :
-76% des répondants estiment peu/pas probable que les femmes et filles victimes de discrimination ou harcèlement se plaignent.
– 46% des Congolais trouvent justifier qu’un homme batte sa femme.
-56% des répondants réclament plus de la part de la police et des tribunaux pour protéger les femmes et les filles contre la discrimination et le harcèlement.
Est-il justifié qu’un homme batte sa femme ?
Voilà une question essentielle qui a été posée aux Congolais. Les réponses de ces derniers ont donné lieu aux statistiques suivantes : 46% disent que cela ne peut jamais se justifier, 35 % soutiennent que cela est parfois justifiés, alors que 18 % affirment que cela est toujours justifié.
Par ailleurs, poursuit le rapport, « de fortes minorités justifient les VBG et disent qu’elles sont courantes. Néanmoins, les Congolais pensent qu’il est probable que les gens croient aux filles ou femmes qui se plaignent de harcèlement ou de discrimination. 38% des enquêtés préfèrent le règlement à l’amiable pour gérer les cas des violences basées sur le genre ».
Autre question posée, la police et les tribunaux protègent-ils assez les femmes et les filles ? 10,7 % seulement pensent qu’ils en font assez ; 31,1% disent avoir besoin qu’ils en fassent un peu plus, et 56,3 % leur demandent d’en faire beaucoup plus.
A propos des causes des violences basées sur le genre (VBG)…
Le rapport d’enquête épingle, tout naturellement, ce que les personnes interrogées pensent être les causes des VBG : Manque de respect ou mensonge à son partenaire, pauvreté, chômage, jalousie, infidélité, refus de sexe, consommation d’alcool, problèmes financiers, attitude qui considère la femme comme inférieure, perte d’emploi, refus d’obtempérer, entre autres. Il faut noter que la probabilité que les femmes victimes portent plainte s’établit à 45 % alors que l’improbabilité est de 55% .

Comment lutter contre ce triste phénomène ?
La lutte contre les violences basées sur le genre constitue une préoccupation pour aussi bien pour les autorités du pays que pour les ONG , dont l’association Avenir Nepad Congo et ses partenaires techniques et financiers. Ainsi, le rapport d’enquête Afrobarometer round 10 indique les pistes de solutions proposées par les Congolais interrogés. « Parmi les stratégies de lutte contre les violences basées sur le genre, 35% des répondants citent la sensibilisation, 31% mettent l’accent sur la dénonciation, 16% sur l’information et 8% évoquent la répression et la prise en charge », peut-on y lire.
Il est à noter que la cérémonie d’ouverture de l’atelier de restitution des résultats de l’enquête Afrobarometer round 10 a connu la présence d’Antoinette KEBI, Secrétaire Exécutive permanente du Conseil consultatif des femmes, du responsable communication Afrobarometer , Hassana Diallo, de Sophiane MEHIAOUI et Thomas TRISTAN, respectivement, représentants de la Délégation de l’Union Européenne au Congo et représentant de l’ambassade de France.
L’agenda des activités de l’association Avenir Nepad Congo pendant les 16 jours d’activisme contre les VBG
Avenir Nepad Congo qui célèbre cette année ses vingt ans d’existence et d’engagement au profit des communautés, a prévu une brochette d’activités pendant la campagne des 16 jours d’activisme contre les VBG. Entre autres, en plus de l’atelier de restitution des résultats de l’enquête Afrobarometer, une tribune télévisée autour de la campagne, une mobilisation autour de la loi dite Mouebara contre les VBG , une conférence débat sur les VBG et le handicap , une conférence de presse sur la corruption au Congo, et cerise sur le gâteau, le 20 décembre , la célébration du 20 eme anniversaire de l’association.
Photo à la une : Une vue de la cérémonie d’ouverture
Photo intérieur : La photo de famille
Crédit Groupe Congo Médias.

