mercredi, août 12

Éliminée en quarts de finale de la Coupe de la Confédération africaine, l’AS Otoho d’Oyo quitte la scène continentale avec les honneurs. Mais au-delà du résultat sportif face au Zamalek, cette sortie marque surtout la fin d’une dérogation exceptionnelle: la fermeture totale des stades congolais, et en particulier du Stade Alphonse Massamba-Débat, replonge le football national dans une longue zone d’ombre.

L’aventure africaine de AS Otoho d’Oyo s’est arrêtée au stade des quarts de finale de la Coupe de la Confédération africaine des clubs, au terme d’une double confrontation âprement disputée face au Zamalek. Après un match nul (1-1) concédé à domicile, les représentants congolais ont été battus (2-1) au Caire, le dimanche 22 mars, scellant ainsi leur élimination.

Engagé sur la scène continentale cette saison, l’AS Otoho bénéficiait jusque-là d’un régime spécial. À titre exceptionnel, le Stade Alphonse Massamba-Débat avait rouvert ses portes pour permettre au club de recevoir ses adversaires dans un cadre conforme aux exigences de la CAF. Une mesure exceptionnelle du ministre des Sports, Hugues NGOUELONDELE, dans un contexte marqué par la fermeture généralisée des infrastructures sportives nationales.

Cette dérogation faisait figure de bouffée d’oxygène pour un football congolais asphyxié par des années de crise. La fermeture des stades, conséquence directe du bras de fer opposant le ministère des Sports à la  Fédération Congolaise de Football (FECOFOOT), a plongé l’ensemble du système dans l’impasse : championnat national suspendu, Coupe du Congo à l’arrêt, clubs livrés à l’incertitude et joueurs privés de rythme compétitif.

Avec l’élimination de l’AS Otoho, cette parenthèse se referme brutalement. Le Stade Alphonse Massamba-Débat retrouve ses grilles fermées, symbole d’un football national désormais en veille prolongée, sans calendrier clair de reprise.

La situation est d’autant plus préoccupante que la fédération traverse une zone de fortes turbulences. Trois de ses principaux dirigeants, dont Jean Guy Blaise MAYOLAS, Président, Badji MOMBO WANTETE, Secrétaire général, et Raoul KANDA, comptable, ont récemment été condamnés par la justice pour des faits de malversations financières, accentuant la crise de gouvernance.

Si le parcours de l’AS Otoho d’Oyo restera comme un symbole de combativité et de résilience, il met surtout en lumière l’urgence de décisions fortes et durables. La réouverture effective des stades et la normalisation de la gestion du football apparaissent désormais comme des impératifs pour éviter l’asphyxie totale du ballon rond congolais et amorcer, enfin, un véritable renouveau.

Photos :

  1. Vue des joueurs de l’As Otoho
  2. Vue du public lors d’une rencontre

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