Les Présidents d’équipes de Ligue 1, Ligue 2, de football féminin, ainsi que des officiels de matchs menace de chasser par la force le reste des membres de la Commission Ad hoc de la Fédération Congolaise de Football (FECOFOOT) s’ils ne libèrent pas le siège de l’instance qu’ils occupent détriment des recommandations de la CAF, la FIFA et du tribunal arbitral du Sport(TAS). Dans sa lettre ouverte du 18 décembre 2024 adressée au Président de la Commission Ad hoc, ce collectif présidé par NZOUNGOU KITONGO Diordady, exprime son profond mécontentement face à ce qu’ils qualifient d’amateurisme flagrant de cette commission à l’encontre de qui il fixe un ultimatum.
Les signataires dénoncent une série d’irrégularités dans la gestion des affaires internes de la FECOFOOT, notamment la publication tardive et antidatée de la décision portant sur la convocation d’une Assemblée Générale Extraordinaire. Selon les accusateurs, cette convocation, datée du 16 décembre 2024, aurait été signée en réalité le 6 décembre 2024, période où le président Théodule William Bouaka était suspendu. À leur avis, cette décision aurait dû être signée par Francky Loemba, président par intérim. « Est-ce que cette décision n’a pas été antidatée ? », s’interrogent-ils avec fermeté.
De plus, les membres de l’Assemblée Générale soulignent le caractère irrégulier de la suspension de Bouaka, une décision qui n’a jamais été formellement publiée. « La décision suspendant Monsieur Théodule William Bouaka n’a jamais été rendue publique », déplore-t-on, en citant les noms de certains des participants à la réunion de suspension, tels que Francky Loemba et Bruno Monka.
Les sérieuses menaces du collectif à l’encontre de la commission ad hoc
Le collectif des présidents s’inquiète également des conséquences de cette situation pour l’avenir du football congolais. Loin de se contenter de dénoncer, ils exigent la libération immédiate des locaux de la FIFA et de la FECOFOOT, ainsi que du Centre Technique d’Ignié, propriété privée de la FECOFOOT. À défaut, ils menacent d’agir de force à partir du 23 décembre 2024.
« Nous demandons à la commission ad hoc de libérer les sièges de la FIFA et de la FECOFOOT sises au n° 2 de la rue de la Libération de Paris ainsi que le Centre Technique d’lgnié, propriété privée de la FECOFOOT dans l’immédiat. Car le non-respect de cette sommation nous obligera à mener une action cette fois-ci de force en date du 23 décembre 2024 pour vous faire partir de ces locaux puisque toutes les instances ont été saisies de nos préoccupations », promettent-ils.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les acteurs du football congolais et la commission ad hoc. Une série de décisions controversées prises en septembre 2024, dont la création de la commission, a alimenté cette crise, exacerbée par les déclarations de la FIFA et du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). En effet, ces instances internationales ont déjà exprimé leur rejet de la légitimité de la commission ad hoc, et leur soutien au Comité Exécutif rétabli.
Par ailleurs, le Comité Exécutif de la FECOFOOT, dirigé par Jean Guy Blaise MAYOLAS, seul comité reconnu par la CAF, la FIFA et le TAS, a aussi exprimé son indignation face à la persistance des membres de la commission ad hoc dans l’illégalité, dans un communiqué de presse daté du 20 décembre 2024. Il a également appelé à ne pas cautionner ce qu’il qualifie de « forfaiture », soulignant que de telles actions ne feront qu’aggraver la crise qui secoue la fédération. « Nous réaffirmons notre engagement à respecter les textes qui régissent notre institution », précise ce document qui porte le seau du Secrétaire général Comité Exécutif.
Cette crise interne de la FECOFOOT pourrait avoir des répercussions importantes sur l’avenir du football au Congo, et la question de la gouvernance de la fédération reste plus que jamais ouverte.
Photo : Le Premier Ministre face aux sénateurs
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