Lors d’une longue conférence live suivie par des milliers d’internautes, l’international congolais Thievy BIFOUMA, entouré de plusieurs anciens et actuels Diables Rouges, a livré, le samedi 22 novembre 2025, un témoignage explosif sur la crise profonde qui secoue le football congolais depuis près d’une décennie. Entre dysfonctionnements organisationnels, conflits institutionnels et conditions de travail jugées « indignes », les joueurs ont choisi de parler « sans filtre » pour, disent-ils, « sauver ce qui peut encore l’être ».

Dès les premières minutes, BIFOUMA a planté le décor : pour lui, si le Congo peine à se doter d’un sélectionneur et d’un projet clair, c’est parce que « les responsables n’en ont tout simplement pas envie ». L’attaquant affirme que les problèmes étaient perceptibles « depuis des années », rappelant que plusieurs cadres de la sélection avaient déjà alerté sur une gestion chaotique.

Il évoque notamment les changements brusques de sélection, l’écartement de joueurs historiques et l’absence de continuité technique. « On avait touché le sommet après la CAN. On recevait le Sénégal, le Ghana… Et du jour au lendemain, tout s’est effondré », déplore-t-il.

Des conditions indignes d’une équipe nationale

L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne le stage organisé en France avec les joueurs locaux. BIFOUMA décrit un accueil catastrophique : « Les joueurs sont arrivés à Paris en transports en commun, sans bus, avec leurs valises. À l’hôtel, il n’y avait même pas assez de chambres. C’était honteux ».

Face à ce qu’il qualifie d’humiliation, il dit avoir menacé d’annuler un match amical prévu contre une équipe réserve française, estimant que « le Congo ne peut pas être traité comme un club amateur ». Cette pression aurait poussé les responsables à réagir : les primes ont été versées en urgence, et un match contre la Guinée a finalement été programmé.

Un conflit ouvert avec le ministre des Sports

BIFOUMA a accusé frontalement le ministre des Sports, contre qui il a eu des mots durs pour le qualifier, d’avoir précipité la chute du football congolais. « Depuis son arrivée, on recule. C’est notre ennemi, parce qu’il ne veut pas le bien de la jeunesse », affirme-t-il. Il estime que toutes les avancées obtenues sous l’ancien ministre Léon Alfred OPIMBAT se sont effondrées depuis la nomination de l’actuel patron du sport.

Il dénonce une absence totale d’écoute, une gestion marquée par l’ego et un manque de respect envers les joueurs, notamment en cas de blessures. Il appelle même les acteurs du football à « tout faire pour faire partir » le ministre, qu’il considère comme un frein à l’évolution du sport congolais : « Il faut trouver un moyen de rentrer en contact avec le président de la République pour lui faire l’état de la situation ».

BIFOUMA estime par ailleurs que le ministre ne comprend pas la réalité de la jeunesse congolaise : « Il a déjà tout, il ne peut plus fournir d’efforts ». Revenant sur une vidéo devenue virale où le ministre l’accusait de manquer de patriotisme, l’attaquant juge « inconcevable » de recevoir des leçons sur ce thème : « Quand il voyage pour l’État, il ne refuse pas les frais de mission. Pourquoi les joueurs devraient-ils accepter de travailler sans leurs primes ? »

Quel profil pour rebâtir ?

Interrogés sur les solutions, d’anciens cadres comme Delvin NDINGA et plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de nommer « les bonnes personnes aux bonnes places ». Selon eux, le Congo doit se doter de dirigeants « avec vision, mentalité et connaissance du football ». Les joueurs congolais estiment qu’un responsable sportif peut être un homme politique, à condition d’être entouré d’anciens joueurs compétents : « Qu’il soit conseillé par quelqu’un qui connaît vraiment le terrain ».

Il plaide également pour une gestion professionnelle, stable et inspirée des modèles africains réussis tels que le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Maroc, qui ont misé sur la continuité, la structure et la compétence.

Photo : L’international congolais lors d’un match

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