Le Sénat a donné, le dimanche 1er février 2026, le coup d’envoi de la 8ᵉ session ordinaire administrative de la 4ᵉ législature dans un climat de gravité et de responsabilité. Entre exigences de paix, impératifs démocratiques et échéance présidentielle décisive, le président du Sénat, Pierre NGOLO, a livré une allocution dense, appelant l’État, la classe politique et les citoyens à la retenue et à la maturité.

En rappelant que la Constitution consacre le 1er février comme date d’ouverture des sessions ordinaires du Parlement, Pierre NGOLO a tenu à replacer cette rentrée parlementaire dans son contexte réel : celui d’un pays encore marqué par les événements sécuritaires récents survenus à Mindouli, dans le département du Pool. « Notre mémoire collective reste profondément marquée par les soubresauts meurtriers des 11 et 12 janvier derniers. Ce sont des faits qui réveillent des blessures encore sensibles et mettent à l’épreuve la relation entre l’État et les citoyens », a-t-il déclaré, dénonçant des dérives susceptibles de fragiliser une paix chèrement acquise.
À l’approche de la présidentielle de 2026, le président de la Chambre haute n’a pas mâché ses mots. Pour lui, cette échéance constitue bien plus qu’un rendez-vous électoral. « La présidentielle de 2026 reste un grand test de la maturité des Congolais et une épreuve d’évaluation de la stature de nos leaders, de leur capacité à convaincre par les idées et non par la force », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’un climat de sécurité, de transparence et de paix.

Pierre NGOLO a appelé le gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir l’ordre public, tout en invitant les acteurs politiques à faire preuve de fair-play et de responsabilité. « La liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre », a-t-il rappelé, citant Alexis de Tocqueville pour souligner les exigences de la démocratie.
L’allocution du président du Sénat s’est également ouverte sur les défis économiques et financiers que traversent le Congo et la sous-région. Il a salué la tenue du sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC à Brazzaville et exprimé l’espoir d’une application effective des résolutions adoptées.
S’appuyant sur une déclaration du président de la République à la tribune des Nations Unies en septembre 2025, Pierre NGOLO a mis en garde contre « une instabilité profonde nourrie par les logiques de domination et les tentations de recolonisation rampante ».
Un agenda législatif dense et structurant
Présentant l’ordre du jour, la Vénérable Élisabeth MAPAHA, deuxième secrétaire du Sénat, a annoncé une session riche de onze affaires majeures. Des textes structurants sont attendus, notamment le Code minier, la loi sur la recherche scientifique et l’innovation, la création de l’Institut national de biologie et de veille sanitaire, ainsi que la ratification d’importants accords de coopération internationale.
Autant de dossiers qui confèrent à cette session un rôle central dans la consolidation institutionnelle du pays.
Le Président du Sénat a invité les sénateurs à rester attentifs à la « température sociale » et à assumer pleinement leur mission de sages de la République.
Photos :
- Vue des sénateurs lors de l’ouverture de la session
- Le Président du Sénat lors de son discours
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