Huit ans après les assises de la presse congolaise d’octobre 2018, leurs recommandations reviennent au cœur des préoccupations du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC). Recensement des médias, délivrance de la carte de presse, lutte contre la désinformation et relance des conclusions de ces assises figurent parmi les principales orientations retenues au terme de la deuxième session ordinaire du Conseil, clôturée le mardi 1er septembre 2026 à Brazzaville. À cette occasion, son président, Médard MILANDOU NSONGA, a appelé à une mobilisation collective pour renforcer l’action du régulateur face aux mutations du paysage médiatique congolais.

Durant deux jours, du 31 aout au 1er septembre 2026, les hauts conseillers ont passé en revue plusieurs dossiers touchant au fonctionnement du CSLC et à l’encadrement du secteur des médias. Les travaux ont notamment permis d’examiner et d’adopter sans amendement le compte administratif, le compte de gestion et le rapport financier de l’exercice 2025.
Face à la multiplication des supports d’information, particulièrement sur internet, le CSLC entend disposer d’une cartographie plus fiable du paysage médiatique national. Le recensement des médias audiovisuels sera ainsi étendu aux médias en ligne, dont le nombre connaît une progression soutenue. Mais au-delà du recensement, c’est la question de l’identification des professionnels qui préoccupe également l’institution.
« Si le Conseil est rigoureux vis-à-vis de la pratique du métier, il se doit aussi de clarifier le monde des communicateurs en les identifiant par la délivrance de la carte de presse. La carte de presse donne la qualité de journaliste professionnel. À quelques mois des élections législatives et locales, une campagne d’enrôlement sera lancée prochainement », a annoncé Médard MILANDOU NSONGA.
Cette opération apparaît d’autant plus stratégique que le secteur connaît une diversification rapide des profils, des plateformes et des pratiques journalistiques.
Les assises de 2018 à nouveau sur la table
Autre priorité affichée par le régulateur : donner une suite concrète aux recommandations issues des assises de la presse congolaise, tenues en octobre 2018 sous la mandature de feu Philippe MVOUO. Huit ans après, le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) constate que plusieurs engagements pris à l’issue de ces assises n’ont toujours pas été traduits en actes.

Pour relancer ce processus, le comité de suivi des assises est appelé à travailler étroitement avec le ministère chargé de la Communication et des Médias, en vue de transformer les recommandations en mesures concrètes et applicables.
Le CSLC entend, par ailleurs, revisiter certains textes fondamentaux qui régissent le secteur, notamment les lois n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication et n°15-2001 du 31 décembre 2001. Cette révision apparaît d’autant plus nécessaire que le paysage médiatique congolais a profondément évolué depuis l’adoption de ces textes. Pour le CSLC, l’actualisation du cadre juridique devrait ainsi permettre de mieux intégrer les nouvelles réalités dans le dispositif de régulation que le législateur ne pouvait anticiper à l’époque.
Désinformation et discours de haine : une réponse à structurer
Présentant le communiqué final sanctionnant les travaux de cette deuxième session ordinaire, le secrétaire comptable du CSLC, Jérôme-Patrick MAVOUNGOU, a fait le point sur les différents dossiers soumis par les commissions spécialisées ainsi que sur les décisions prises par le collège des membres du Conseil.
Parmi les sujets examinés, la lutte contre la désinformation et les discours de haine occupe une place particulière. Le dossier présenté par la commission compétente a toutefois été retiré et renvoyé au bureau du Conseil, afin de déterminer les modalités de sa mise en œuvre.
Dans le même registre, le projet de révision de la décision n°11 du 1er mars 2016, fixant les conditions de délivrance et de retrait de la carte d’identité du journaliste professionnel et du journaliste honoraire, a été retiré pour des raisons techniques.
Le projet de modification de la décision n°08 du 30 mars 2018, relative notamment aux frais et redevances exigibles des acteurs du nouveau paysage médiatique, n’a pas davantage été adopté à ce stade. Son examen a été reporté en raison de son incidence financière sur le budget du Conseil supérieur de la liberté de communication.

En clôturant les travaux, Médard MILANDOU NSONGA a exhorté les hauts conseillers et les collaborateurs à faire de la deuxième année du mandat une phase de consolidation de l’action du régulateur.
« Cette réflexion exige de tous une volonté communément engagée afin que cette deuxième année de notre mandat que nous venons d’entamer soit une réussite. J’invite tous nos collaborateurs à s’investir également dans cette mission de régulation. Tout en réitérant mes félicitations, je reste persuadé qu’ensemble, le Conseil s’affirmera davantage en tant qu’organe institutionnel de régulation des médias dans notre pays », a-t-il déclaré.
La session s’est achevée sur plusieurs perspectives, notamment l’évolution du dossier relatif à la construction du bâtiment devant abriter le monitoring du CSLC ainsi que les bureaux de ses commissions spécialisées. Une nouvelle étape qui traduit la volonté du Conseil de renforcer ses capacités institutionnelles pour mieux accompagner les transformations du secteur médiatique congolais.
Photos :
- Vue partielle des hauts conseillers lors à la clôture des travaux ;
- Les autres membres
- Le président du CSLC
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