mercredi, août 12

Réunis à Brazzaville, le jeudi 25 juin 2026, à l’occasion du dialogue multi-acteurs sur l’action climatique au Congo, pouvoirs publics, partenaires internationaux, société civile, chercheurs et acteurs du secteur privé ont affiché une ambition partagée de faire du capital naturel du Congo un moteur stratégique de croissance durable. Organisée par le ministère en charge de l’Environnement dans le cadre des activités du mois de l’environnement, cette rencontre a marqué une étape décisive dans la co-construction d’une réponse collective, structurée et inclusive face à la crise climatique. Elle s’est imposée comme un cadre privilégié de concertation, de partage et de réflexion visant à proposer des solutions adaptées aux priorités stratégiques du Congo.

Ouvrant les travaux au nom du Premier ministre, Claude Alphonse NSILOU, Ministre d’État, ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat, a souligné que le changement climatique n’est plus une projection lointaine, mais une réalité quotidienne aux conséquences tangibles.

« Les catastrophes s’intensifient, les sécheresses et les inondations détruisent des vies et des infrastructures. Les populations les plus vulnérables subissent une crise qu’elles n’ont pas provoquée », a-t-il déclaré, appelant à une intégration systématique de la dimension climatique dans toutes les politiques publiques.

Le Bassin du Congo, pilier de l’équilibre climatique mondial

Prenant la parole, Arlette SOUDAN-NONAULT, ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, a rappelé la responsabilité singulière du pays, dépositaire d’écosystèmes parmi les plus stratégiques de la planète. « Le Bassin du Congo est le cœur vert de la planète. Si ce cœur est atteint, c’est l’humanité entière qui vacille », a-t-elle averti, soulignant que les tourbières tropicales de la région stockent près de 30 milliards de tonnes de CO₂.

La ministre a mis en avant les engagements concrets du Congo, notamment le respect de l’Accord de Paris, la mise en œuvre de la CDN 3.0, la promotion de l’économie verte et bleue, ainsi que le renforcement des politiques d’adaptation et de résilience au bénéfice des communautés locales.

La France réaffirme un partenariat climatique structurant

Partenaire de l’événement, Claire BODONYI, Ambassadrice de France au Congo, a salué l’instauration du mois de l’environnement et replacé le dialogue dans un contexte symbolique fort, marqué par le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris. « L’avenir climatique de la planète dépend étroitement des écosystèmes exceptionnels que recèle l’Afrique. La forêt du Bassin du Congo et ses tourbières constituent un bien public mondial », a-t-elle souligné.

La diplomate a détaillé l’appui de la France à une transition écologique progressive et adaptée aux priorités congolaises, axée sur la gestion durable des forêts, la certification forestière, la création de chaînes de valeur génératrices d’emplois et la mobilisation de financements climatiques, notamment à travers l’Agence française de développement et les mécanismes multilatéraux.

Au nom des Nations Unies, Abdourahamane DIALLO, coordonnateur résident du système onusien, a salué une initiative fédératrice venant clore le mois de l’environnement, tout en réaffirmant l’engagement total des agences onusiennes à accompagner le Congo dans sa trajectoire climatique.

Les tourbières, levier d’une économie climatique souveraine

Dans une intervention remarquée, Arlette SOUDAN-NONAULT a dénoncé le paradoxe international entourant les tourbières congolaises : « Nous conservons un stock de carbone équivalent à plusieurs millions d’années d’émissions, mais nous peinons encore à obtenir sa juste valorisation ».

Elle a plaidé pour la reconnaissance d’un marché du carbone souverain, conforme à l’Accord de Paris, capable de financer la résilience climatique et de soutenir des économies alternatives au profit des populations riveraines.

Quatre panels pour passer du constat à l’action

Le cœur de cette première édition du dialogue multi-acteurs s’est articulé autour de quatre panels thématiques, conçus pour transformer les diagnostics en solutions opérationnelles.

Le premier, consacré au nexus climat, résilience et sécurité alimentaire, a permis de présenter les actions menées par le gouvernement et ses partenaires pour renforcer la résilience des communautés, tout en mettant en lumière les défis liés à l’action anticipatoire et à la durabilité des systèmes alimentaires.

Le deuxième panel, axé sur l’impact du changement climatique sur l’eau et l’assainissement, a révélé une situation préoccupante, marquée par des stress hydriques localisés, la vulnérabilité des infrastructures et l’augmentation des risques sanitaires.

Le troisième panel, dédié aux opportunités de développement de l’économie bleue, a réuni principalement les représentantes résidentes du Programme des Nations Unies pour le développement et de la Banque mondiale. Elles ont insisté sur la nécessité d’un cadre de gouvernance solide, d’une planification spatiale marine rigoureuse et de la préparation de projets bancables, condition sine qua non à la mobilisation de financements innovants.

Le quatrième panel, consacré aux activités génératrices de revenus et à la préservation des tourbières, a mis en lumière le potentiel économique de ces écosystèmes tout en rappelant leur rôle crucial dans la régulation du climat mondial.

Les échanges ont permis aux participants de prendre pleinement conscience de la nécessité de miser sur une gouvernance inclusive, des projets matures et une appropriation communautaire forte pour réussir la transition climatique. Le dialogue multi-acteurs a ainsi jeté les bases d’une économie du climat circulaire et solidaire, conciliant protection des écosystèmes, justice climatique et développement économique.

Photos :                                     

  1. Vue des officiels à l’ouverture ;
  2.  Le ministre de l’environnement lors de son intervention;
  3. Vue des panelistes.

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