La Directrice générale par intérim du Développement durable, Rosine Olga MAYELA OSSOMBI, a invité les participants à la table ronde consultative nationale sur l’après-pétrole au Congo (PAPCo) à « formuler des propositions concrètes, audacieuses et porteuses d’avenir » pour mieux préparer la transition énergétique et construire un avenir post-pétrole. Organisée par la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), avec le soutien de la Fondation Rockefeller et de l’Energy Transition Fund, cette rencontre stratégique se tient à Brazzaville les 10 et 11 juillet 2025.Réunissant représentants de l’État, ONG, communautés riveraines des sites pétroliers et experts, ces assises visent à apporter des réponses concrètes à la double problématique de la transition énergétique et de la diversification économique au Congo.
Dans un pays où plus de 90 % des recettes d’exportation reposent encore sur les hydrocarbures, envisager un avenir sans pétrole est à la fois une nécessité urgente et un défi majeur. Cette urgence réunit à Brazzaville décideurs publics, acteurs économiques, communautés locales, chercheurs et société civile dans une démarche inédite de concertation nationale.
Les travaux, qui marquent la fin de la première phase du projet PAPCo, ont été ouverts par Rosine Olga MAYELA OSSOMBI. Elle a salué l’engagement de la RPDH, initiatrice du projet, et rappelé que le Congo, quatrième producteur de pétrole en Afrique, doit désormais « trouver une alternative et écrire ensemble un nouveau chapitre fondé sur une économie verte, inclusive et résiliente. Le Congo a trop souvent subi les contrecoups des fluctuations du marché pétrolier. Il est temps de changer de cap », a-t-elle insisté.
Une démarche inclusive et anticipatrice
Christian MOUNZEO, Coordonnateur national de la RPDH, a précisé que le projet PAPCo, lancé en 2024 avec le soutien de Rockefeller Philanthropy Advisors et de l’Energy Transition Fund, vise à accompagner les acteurs congolais vers une transition énergétique juste. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice intellectuel. Il s’agit d’anticiper les ruptures, de relier économie et environnement, et de construire un futur basé sur la justice sociale, l’équité et la dignité humaine », a-t-il déclaré.
Trois départements ont été consultés dans le cadre de cette première phase, permettant de dresser une cartographie des attentes et des opportunités. L’objectif est d’élaborer une feuille de route partagée, misant sur des secteurs alternatifs, moins émetteurs, mieux répartis et porteurs d’emplois durables.

Des fondations locales pour une transition réussie
Lors de son exposé introductif, Franck LOUFOUA BESSI, chargé des programmes à la RPDH, a rappelé que : « La transition énergétique ne consiste pas à copier des modèles étrangers, mais à construire une stratégie adaptée au contexte congolais ». Il a identifié trois piliers fondamentaux : le passage aux énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la sobriété dans la consommation. « C’est une révolution comportementale », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette transition est également une opportunité pour diversifier l’économie nationale, encore trop dépendante du pétrole. Il a aussi souligné la nécessité d’inclure les populations affectées par l’exploitation pétrolière : « Elles souffrent de pollution et d’un accès limité aux services de base. La transition doit les impliquer et les protéger. »
Jean Chrios MOUKALA, consultant principal en charge de l’étude PAPCo, a présenté les premiers résultats de l’analyse. Il a pointé du doigt plusieurs obstacles, notamment le manque de coordination entre ministères, les insuffisances techniques et l’absence de mécanismes de suivi. « Il faut passer des discours à l’action, avec des stratégies concrètes, intégrées et inclusives », a-t-il affirmé.
Il recommande l’élaboration d’une politique nationale de transition énergétique, soutenue par une fiscalité incitative, des financements innovants comme les obligations vertes, et des partenariats internationaux renforcés. « Le Congo peut devenir un acteur de référence en matière d’énergies propres, à condition d’investir dès aujourd’hui dans la recherche, la formation et l’innovation », a-t-il conclu.
Pour les organisateurs, cette table ronde doit marquer un tournant : passer d’un processus consultatif à un véritable levier d’action politique et économique au service du développement durable.
Photos :
- Les officiels lors de la cérémonie d’ouverture
- Vue des participants lors de la photo de famille
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