Le lancement officiel des épreuves écrites du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), session 2026, a revêtu une dimension historique. Donné le vendredi 12 juin 2026 à Brazzaville par le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean-Luc MOUTHOU, cet ultime CEPE organisé sous sa forme actuelle d’examen d’État marque la fin d’un cycle et l’amorce d’une réforme profonde destinée à fluidifier le passage des élèves du primaire vers le collège.

C’est à l’école primaire Nkéoua Joseph, dans le deuxième arrondissement Bacongo, que les épreuves écrites ont été officiellement lancées. Après cette étape symbolique, la délégation ministérielle a effectué une tournée dans plusieurs centres d’examen, notamment aux écoles primaires Anne-Marie Javouhey et Nganga Édouard, dans l’arrondissement 3 Poto-Poto. Cette visite visait à s’assurer du bon déroulement des épreuves et à rassurer candidats, parents et personnels éducatifs sur la qualité de l’organisation.

Pour cette session, 149 329 candidats, dont 73 271 filles, composent dans 655 centres répartis sur l’ensemble du territoire national. À elle seule, Brazzaville compte 57 993 candidats répartis dans 147 centres, illustrant l’ampleur logistique de cet examen national.

Une participation en nette progression

L’un des faits marquants de l’édition 2026 demeure l’augmentation significative des effectifs. Le CEPE enregistre en effet 11 520 candidats supplémentaires, soit une hausse de 7,71 % par rapport à l’année précédente.

« Cette progression s’explique notamment par l’autorisation accordée à des enfants particulièrement brillants qui, auparavant, étaient écartés en raison de leur âge. Nous avons estimé qu’il était juste de leur donner leur chance », a expliqué le ministre.

Selon lui, cette dynamique positive constitue également un signe encourageant pour cette ultime édition du CEPE, appelée à disparaître dans son format actuel dès l’année prochaine.

La fin d’un examen éliminatoire

Au cœur de la réforme engagée figure un changement majeur de philosophie éducative. Le CEPE ne devrait plus constituer un examen éliminatoire conditionnant l’accès au collège.

« À l’issue des États généraux de l’éducation nationale, il a été décidé de transformer le CEPE en certificat d’études primaires délivré sur la base des résultats scolaires obtenus tout au long du cycle primaire », a précisé Jean-Luc MOUTHOU.

L’objectif est de réduire les ruptures de parcours scolaire et de favoriser une continuité éducative plus efficace. « Chaque année, entre 3 et 6 % des enfants échouent à cet examen et se retrouvent parfois contraints d’abandonner leur scolarité. Le gouvernement a donc souhaité instaurer un continuum d’apprentissage permettant aux élèves de passer naturellement du primaire au collège », a-t-il souligné, conformément à la vision du président de la République.

Les apprenants adultes issus des centres d’alphabétisation ne sont pas concernés par cette évolution. Selon le ministre, leur évaluation continuera de reposer sur les mécanismes internes de contrôle et de notation déjà en vigueur dans ces structures.

Toutefois, la réforme n’est pas encore entrée en application. Le projet de loi portant réforme du système éducatif congolais, qui intègre cette mesure et dont l’entrée en vigueur est envisagée pour l’année scolaire 2026-2027, est toujours en examen au Parlement. Le texte devra être adopté par les deux chambres avant sa promulgation par le président de la République, préalable indispensable à la mise en œuvre effective des nouvelles dispositions.

Le ministre a par ailleurs annoncé une harmonisation nationale de la publication des résultats du CEPE. Bien que l’organisation de l’examen demeure décentralisée, les résultats seront désormais compilés et proclamés simultanément sur l’ensemble du territoire, avec un dispositif numérique centralisé destiné à faciliter leur consultation.

Avec cette session 2026, le CEPE s’apprête ainsi à tourner une page importante de l’histoire éducative congolaise. Plus qu’un simple examen, il devient le symbole d’une transition vers une école plus inclusive, davantage axée sur la continuité des apprentissages et résolument tournée vers la réussite de tous les élèves.

Photos :

  1. Les candidats dans une salle d’examen ;
  2. Le Ministre et sa délégation lors du lancement des épreuves ;
  3. Le ministre face à la presse.

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