La Fédération congolaise de handball (FECOHAND) a annoncé, le 18 août 2025, son retrait de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport (CCAS). Officiellement présentée sur la page Facebook de l’instance faîtière comme un simple « réajustement statutaire », cette décision apparaît surtout comme une manœuvre destinée à sécuriser et consolider les résultats d’une assemblée générale élective (AGE) tenue deux jours plus tôt, en violation d’une décision de justice.

Le 16 août, la CCAS avait rendu une sentence arbitrale suspendant l’assemblée générale élective de la FECOHAND, initialement prévue au siège du Comité olympique. Notifiée par voie d’huissier avant 10 heures, cette décision interdisait formellement la tenue du scrutin. Pourtant, l’AGE s’est malgré tout déroulée, délocalisée au stade Alphonse Massamba-Débat.

L’élection a porté à la présidence de la fédération Linda EMBENDZE NOUMAZALAYI. Mais l’avocat de la partie adverse, Me Yvon Éric IBOUANGA, a aussitôt dénoncé une violation manifeste : « La décision de la CCAS est exécutoire immédiatement. La tenir quand même, ailleurs, rend ses résultats nuls de plein droit », a-t-il déclaré devant la presse.

Un retrait perçu comme une parade

Deux jours plus tard, un congrès extraordinaire de la FECOHAND a entériné la suppression de l’article 34 de ses statuts, qui faisait de la CCAS une instance de recours. La fédération se réserve désormais la possibilité de traiter ses contentieux d’abord en interne, puis devant la Confédération africaine de handball (CAHB) et, en dernier ressort, devant la Fédération internationale (IHF).

Pour de nombreux observateurs, cette réforme ressemble moins à un « réajustement » qu’à une parade juridique visant à empêcher que la sentence de la CCAS ne remette en cause la validité de l’assemblée élective.

Une légitimité fragilisée !

Ce choix interroge sur la légitimité du bureau mis en place le 16 août. En écartant la juridiction nationale, la FECOHAND semble vouloir verrouiller ses résultats face aux recours internes. Mais cette stratégie pourrait l’exposer à une contestation durable de la part des clubs et des candidats lésés.

En apparence, la fédération se renforce en affirmant son indépendance. En réalité, elle évite surtout d’affronter une possible annulation de son élection. Un calcul risqué : faute de reconnaissance nationale et en raison de profondes divisions internes, le handball congolais pourrait s’enliser dans une nouvelle crise. La rupture avec la CCAS, loin d’apporter la sérénité, risque d’ouvrir une période d’incertitude prolongée pour la discipline.

Photo : La nouvelle présidente de la Fecohand

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