À la veille du lancement de la 12e édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), le commissaire général Hugues Gervais ONDAYE a invité les artistes à faire preuve de patriotisme, soulignant le contexte conjoncturel dans lequel ce festival va se dérouler. Un message empreint de réalisme, de fierté et d’appel à l’unité, prononcé lors d’une conférence presse animée le vendredi 18 juillet 2025 à Brazzaville.
La cérémonie d’ouverture de cette édition sous pression, mais maintenue se tiendra ce samedi 19 juillet 2025 à Brazzaville. Devant les journalistes, chroniqueurs et artistes venus nombreux, Hugues Gervais ONDAYE n’a pas mâché ses mots : « Nous avons traversé huit années d’hibernation, de 2015 à 2023. Mais le gouvernement, avec l’appui du président de la République, a tenu à relancer le FESPAM. » L’édition 2023 a posé les jalons de cette renaissance, et celle de 2025 se veut l’édition de la consolidation, malgré les défis économiques majeurs. « La conjoncture économique ne s’est pas améliorée, mais nous avons choisi de tenir le festival. Et je suis ici pour vous dire que cette édition aura bel et bien lieu, du 19 au 26 juillet. »
Le Commissaire général a appelé au patriotisme, réaffirmant l’engagement du gouvernement de tenir cette 12ème édition malgré le contexte difficile: « Ce festival est notre miroir, notre unique espace d’expression pour beaucoup. Soyons patriotes, aimons le pays, cessons la politique de la terre brûlée. » Et de poursuivre : « La 12e édition du FESPAM aura lieu. Elle ne sera pas parfaite, mais elle sera là, pour nous, par nous. » Un message d’espoir, dans un contexte où la musique reste l’un des rares langages universels encore capables de rassembler les peuples.
Le numérique et l’économie au cœur du thème
Le thème de cette édition, « Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique », est une invitation à repenser les circuits de production, de diffusion et de rémunération dans l’industrie musicale africaine.
« Nos créateurs n’arrivent toujours pas à vivre de leur art. Il est temps d’intégrer les nouvelles technologies à notre modèle économique, » a plaidé ONDAYE, mettant en garde contre le retard numérique de certains acteurs du secteur. « Même une simple fiche technique reste un défi pour certains artistes. Il est urgent de nous professionnaliser. »

Le commissaire général a révélé que plus de 1 800 dossiers d’artistes et chercheurs ont été reçus pour cette édition, dont 1300 en provenance du Congo. Toutefois, face aux contraintes logistiques et budgétaires, seuls 100 artistes congolais environ seront retenus. « Soyons honnêtes : peut-on avoir 1 300 orchestres au Congo ? Certains n’existent que le temps du festival. Il faut cesser d’alimenter l’illusion, » a-t-il martelé, avant de rappeler que les sélections ont été faites avec un souci de parité, d’équilibre générationnel et de qualité.
Une programmation réaliste mais ambitieuse
Des artistes de renom sont attendus, comme Serge Beynaud pour la Côte d’Ivoire. Douze pays ont déjà confirmé leur participation, dont la Russie, le Sénégal, le Mali, le Venezuela, le Rwanda, la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Ghana, la Tunisie ou encore la RDC. « L’événement est déjà plié. Les délégations sont là, les scènes se préparent, et demain, le spectacle commence. » A côté de ses délégations figurent quatre artistes de l’étranger qui se sont portés volontaires de venir prester au FESPAM à leur propre frais.
Il a également salué la contribution des pays participants au festival. Expliquant le type de contribution des pays au FESPAM, le Commissaire général a indiqué que chaque pays participant au festival assure les cachets et toute la logistique nécessaire pour les artistes qui le représentent au festival. Un apport de grande importance pour les organisateurs ce qu’il leur épargne des dépenses liées, entre autres, à l’hébergement, le cachet et tout autre besoin des festivaliers durant toute la période de l’évènement.
En plus du Palais des Congrès, des scènes seront déployées à Mayanga et Kintélé, deux espaces situés aux extrémités de Brazzaville et particulièrement animés lors de l’édition précédente.
Le FESPAM s’accompagne aussi de réunions connexes importantes : Commission culture de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique, ateliers UNESCO sur les statistiques culturelles, et conférences du Conseil international de la musique.
Photos :
- Le Directeur artistique, le Commissaire général et la directrice de la communication du FESPAM lors de la conférence
- Vue partielle des artistes et journalistes lors de la rencontre.
Contacts de notre rédaction: gcm.redaction16@gmail.com
Téléphone & Whatsapp : +242 06 954 43 25

