La troisième édition de la Foire des Entreprises du Congo (FEC), qui met en lumière les entreprises congolaises et leur savoir-faire, est marquée par de fructueux échanges entre participants, exposants, porteurs de projets et experts. Les différents panels organisés tout au long de cette rencontre stratégique, initiée par ML Event’s du 26 au 31 mai 2025, abordent des thématiques majeures pour le développement durable des entreprises congolaises. Des moments uniques où plusieurs experts partagent leur vision sur les leviers du développement entrepreneurial en République du Congo, notamment le financement, la transformation numérique, la valorisation du Made in Congo et le rôle des institutions.
Tour à tour, les panelistes ont édifié les participants sur ces questions stratégiques. Abordant la problématique du financement des PME, mardi 27 mai, Dior LINVANI, Vice-président de la Chambre de commerce Canada-Afrique-Congo, a insisté sur l’importance capitale d’une comptabilité fiable pour accéder aux financements. Il a présenté cet aspect comme l’une des « clés incontournables » dans la vie d’une entreprise.
« Beaucoup d’entreprises congolaises peinent à accéder aux financements en raison d’une comptabilité non conforme », a-t-il déploré, tout en soulignant la nécessité pour les entrepreneurs de se formaliser et de recourir à des experts-comptables pour structurer leur activité.
Au-delà des financements bancaires classiques, il a évoqué l’existence de solutions alternatives comme le capital-investissement. « Il faut aussi lutter contre le manque d’information, car certains agents peu scrupuleux en profitent pour exploiter les entrepreneurs mal informés », a-t-il averti, en encourageant les entreprises à se rapprocher des centres de gestion agréés pour éviter une pression fiscale illégale.

Transformation numérique : une condition de survie
Silver Milane, associé du cabinet Milane Parker, a pour sa part mis l’accent sur la transformation numérique comme impératif de compétitivité. « Le monde évolue, dirigé non par des personnes mais par la créativité. Intégrer le numérique n’est plus une option », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette transformation commence par des outils simples, comme la présence en ligne. « Même les petites entreprises doivent investir dans leur visibilité numérique. Le numérique n’est pas un luxe, c’est une nécessité », a-t-il martelé, appelant à un renforcement des compétences dans les domaines de l’informatique et du digital.
Made in Congo : consommer local pour produire plus
Rama ABA GANDZION, promoteur du concept Consommons Congolais, a défendu avec passion le potentiel du Made in Congo. « Le Congo produit, et il faut cesser de dire le contraire. Ce qu’il manque, ce sont des mécanismes pour développer cette production », a-t-il soutenu.
Il a encouragé les consommateurs à acheter local pour soutenir la croissance des entreprises :« Quand vous achetez un produit congolais, vous contribuez directement à son développement ». Il a aussi insisté sur l’importance du marketing et de la visibilité, souvent négligés par les producteurs, ainsi que sur l’indispensable accompagnement des pouvoirs publics. « Il faut qu’ils travaillent la visibilité, la distribution, mais il faut aussi que les pouvoirs publics les accompagnent, surtout ces jeunes entreprises qui ont du potentiel mais peinent à décoller. Un soutien en matière fiscale, notamment, est crucial », a-t-il ajouté.
Le rôle des institutions : un accompagnement structurant
Cyr Éloge MOUTOU, Directeur des transports urbains de Brazzaville, a rappelé que les institutions jouent un rôle déterminant dans le développement entrepreneurial. « Les institutions ne créent pas d’entreprises, mais elles doivent en faciliter l’émergence et la croissance », a-t-il souligné.
Il a détaillé les actions en cours dans le cadre du programme quinquennal 2022-2027, telles que la formation de formateurs, le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, et l’ouverture vers de nouveaux secteurs comme la robotique et l’intelligence artificielle. « Il faut une feuille de route claire, pas des slogans », a-t-il conclu.
Ces différents panels ont mis en lumière les efforts à conjuguer à la fois individuels, collectifs et institutionnels pour transformer en profondeur le paysage entrepreneurial congolais.
- Vue des participants dans la salle
- Dior LINVANI au sortir de sa communication.
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