Face à l’impasse que traverse le football congolais, la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) et les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ont annoncé, mercredi 29 octobre 2025 à Brazzaville, leur intention de solliciter une audience auprès du ministre des Sports, Hugues NGOUELONDELE. Une rencontre au cours de laquelle ils espèrent obtenir des échanges francs pour trouver une issue urgente à la crise née de la fermeture des stades par les autorités, une situation qui paralyse depuis plusieurs mois l’organisation des compétitions nationales.
Après des mois de courriers restés sans réponses satisfaisantes, la fédération et les clubs ont décidé de franchir un cap. « Nous avons échangé plusieurs lettres avec le ministère, près de cinq ou six documents, et à chaque fois, nous n’obtenons ni calendrier, ni solution claire », a déploré le président de la FECOFOOT, Jean Guy Blaise MAYOLAS, soulignant que la correspondance officielle n’a pas permis de résoudre la situation. « Nous ne pouvons plus nous contenter d’écrire. Il faut désormais parler directement avec le ministre pour comprendre ce qu’on attend réellement de nous », a-t-il insisté.
Sans avancée concrète, la FECOFOOT n’exclut pas une décision radicale sur les préparatifs en cours pour le démarrage du championnat. « Après cette rencontre, nous déciderons de poursuivre les entraînements… ou de les arrêter. On ne peut pas continuer à s’entraîner sans objectif », a averti MAYOLAS.
Il a également rappelé le risque majeur qui pèse sur les effectifs des clubs dont les joueurs ne disposent pas de contrats professionnels, en l’absence de championnat : « Vous risquez de perdre vos joueurs en cas d’année blanche. Les joueurs sans contrat deviendront libres de s’engager avec le club de leur choix, sans indemnité de transfert. Nous ne pouvons pas nous permettre une nouvelle année blanche », a-t-il souligné. Il a par ailleurs invité les clubs à s’impliquer davantage aux côtés de la fédération dans la recherche de solutions au blocage des stades, dont ils sont les principaux perdants : « La FECOFOOT n’a pas de contrats avec les joueurs. Ce sont vous, les clubs, qui les nourrissez, payez leurs loyers et prenez en charge leurs soins médicaux. »
Aucun stade disponible pour lancer le championnat
Le président fédéral a dressé un tableau préoccupant de la situation infrastructurelle. « Nous ne sommes pas propriétaires de stades, et aujourd’hui aucun stade n’est disponible pour lancer la saison. Nous avons été prêts à jouer à Igné, mais les conditions de sécurité n’y sont pas réunies », a-t-il indiqué, évoquant également les risques de débordements en l’absence d’installations protégées.
La FECOFOOT affirme avoir engagé des démarches auprès de la FIFA pour sécuriser deux aires de jeu. « Nous avons les offres, les devis, et le prestataire qui travaille déjà sur des pelouses de standard international. Mais ils parlent d’un délai de 30 à 40 jours. Pendant ce temps, que faisons-nous ? » a questionné le dirigeant.
Le spectre d’une nouvelle année blanche
La crise dépasse le seul cadre national. L’absence répétée de championnat pourrait peser lourd sur la présence du Congo sur la scène africaine. « Si rien ne change, AS Otoho et AC Léopards seront les dernières équipes congolaises engagées en compétitions africaines », a averti MAYOLAS.
Les clubs qui sont les grands perdants dans cette crise ont exprimé leur soutien à la fédération dans cette initiative, espérant que ce dialogue permettra de sauver une saison déjà gravement compromise. Cette rencontre avec le ministre des Sports devient ainsi, pour l’ensemble des acteurs du football national, un passage décisif pour sortir de l’impasse et relancer la compétition au Congo.
Photos :
- Le président de la fédération et son secrétaire ;
- Les représentants des clubs
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