Réunis en assemblée générale extraordinaire à l’INRAP, les enseignants communautaires du Congo, regroupés au sein du Réseau national des enseignants communautaires (RNEC), ont de nouveau décrété une grève générale illimitée à compter du mercredi 13 novembre 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Une décision qui intervient à quelques semaines du début des évaluations du premier trimestre de l’année scolaire 2025-2026 et qui, selon eux, traduit l’incapacité du gouvernement à honorer ses engagements pris depuis plusieurs années.
Malgré de multiples discussions et engagements officiels, le gouvernement congolais n’a pas donné de suite favorable aux principales revendications des enseignants communautaires. Ces derniers réclament notamment l’octroi de plus de 12 500 postes budgétaires, dont 3 000 destinés aux enseignants avancés en âge, afin de permettre leur intégration effective dans la fonction publique.
Le RNEC demande également la signature d’un protocole d’accord formel entre l’État et les organisations de la société civile représentant les enseignants communautaires. Ce document, estiment-ils, permettrait d’encadrer les procédures d’intégration et de garantir plus de transparence et d’équité dans les recrutements à venir.
Le non-paiement des bourses alimente la colère
Autre motif majeur de mécontentement : le non-paiement de huit mois de bourse, couvrant le premier trimestre de l’année scolaire 2024-2025 ainsi que la période de juin à octobre 2025. Le RNEC exige un règlement intégral avant le 18 novembre, faute de quoi le mouvement sera maintenu.
Ces éducateurs, qui assurent l’instruction de milliers d’enfants souvent dans des zones reculées et dans des conditions précaires, dénoncent le désintérêt manifeste du gouvernement face à leurs revendications jugées légitimes. Ils rappellent que les enseignants communautaires constituent un pilier essentiel du système éducatif congolais, notamment dans les localités rurales.
Dans sa déclaration, le RNEC invoque les articles 25, 30 et 32 de la Constitution du 6 novembre 2015, garantissant le droit au travail, la liberté syndicale et le droit de grève. « Nous agissons dans le strict respect des lois de la République. Toute tentative de manipulation ou d’intimidation sera considérée comme une violation de nos droits fondamentaux », avertit le communiqué du réseau.
Un signal fort de la crise éducative
Cette grève illimitée, si elle se poursuit, risque de paralyser le système éducatif national et d’accentuer les retards déjà observés dans le calendrier scolaire. Elle met en lumière les failles persistantes dans la gouvernance du secteur éducatif et souligne l’incapacité du gouvernement à tenir ses promesses sociales. En attendant une réaction claire des autorités, les enseignants communautaires affirment rester déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.
Photo : Vue des élèves dans une salle de classe
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