mercredi, août 12

En visite , le jeudi 6 novembre 2025, à l’hôpital de Référence de Talangai, dans le 6ᵉ arrondissement de Brazzaville, où se poursuivent les travaux d’installation d’un service moderne de réanimation, le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire IBARA, a tenu une adresse ferme et directe aux cadres, médecins, chefs de service et agents de l’établissement. Au-delà de l’état d’avancement des travaux dans cette structure dirigée par le directeur Firmin EYIKILI, le membre du gouvernement a centré son intervention sur les comportements, la discipline professionnelle et la nécessité de « remettre l’hôpital sur les rails ».

Après une visite guidée des différents services, le ministre a d’abord salué la qualité des équipements en cours d’installation, avant de recentrer son propos sur les faiblesses structurelles liées aux pratiques internes au sein de cette structure qui compte 1116 agents selon le Directeur. Il a rappelé aux agents la noblesse de leur mission : « Nous avons choisi une profession difficile, mais tournée vers le bien des autres. Cette responsabilité exige discipline, probité et exemplarité. »

Jean Rosaire IBARA a dénoncé sans détour les absences répétées, les consultations informelles et les pratiques de détournement de recettes hospitalières, appelant à y mettre fin immédiatement. Il a condamné avec fermeté la vente parallèle de médicaments par certains agents : « L’hôpital dispose de médicaments. Lorsque vous faites croire qu’il n’y en a pas pour vendre les vôtres, vous portez atteinte à la vie des patients. C’est inadmissible. »

Même fermeté concernant les quotes-parts illégalement prélevées lors des consultations, les prolongations abusives d’hospitalisation ou encore les détournements d’examens vers des laboratoires privés : « Si vous voulez ouvrir un cabinet privé, faites-le. Mais à l’hôpital public, on respecte les règles. L’argent qui entre ici appartient à l’hôpital, pas aux poches individuelles. » Le ministre a invité le directeur à veiller strictement au respect de ces orientations, menaçant de relever tout cadre ou agent qui persisterait dans ces pratiques.

Vers une restructuration des effectifs et un contrôle renforcé

Le ministre a annoncé la poursuite du processus de « conférence salariale » visant à assainir les effectifs et redéployer les agents réellement actifs. Des contrôles inopinés seront menés par les services centraux. « Sachez que vous serez surveillés. Pas pour punir, mais pour rétablir l’ordre et améliorer la qualité des soins », a-t-il insisté.

Il a également exigé une meilleure tenue des dossiers médicaux, une rigueur accrue en gynécologie-obstétrique, ainsi qu’un dispositif de sécurité pleinement opérationnel pour la gestion des gardes.

« Redonner le sourire aux patients » : l’objectif prioritaire

Malgré la sévérité de son discours, le ministre a conclu par un message d’espoir. Il a invité l’ensemble du personnel à contribuer, chacun à son niveau, à l’amélioration de la qualité du service rendu aux patients et à la restauration du prestige de cette structure sanitaire très fréquentée. « L’hôpital doit retrouver ses lettres de noblesse. Corrigeons les mauvaises pratiques dès aujourd’hui. Ensemble, nous pouvons redonner le sourire à nos malades et restaurer la confiance de la population », a-t-il déclaré.

Des équipements modernes pour repositionner l’hôpital comme pôle d’excellence

Le nouveau service de réanimation, composé de trois salles dotées d’équipements de dernière génération, constitue selon le ministre l’une des infrastructures clés pour renforcer la capacité de l’hôpital à offrir des soins critiques fiables. « Ce qui se construit ici n’est pas un simple service. C’est un outil stratégique qui va sauver des vies et redonner une nouvelle identité médicale à cet hôpital », a affirmé Jean Rosaire IBARA.

L’installation des 12 lits de réanimation permettra de réduire les évacuations vers les grandes formations sanitaires et d’offrir aux spécialistes des conditions de travail conformes aux standards d’un hôpital de référence.

Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance du plateau technique et de la digitalisation de l’hôpital, leviers essentiels de transparence et de performance. Engagée depuis plusieurs mois, la digitalisation totale de l’établissement représente selon lui un gain de temps, de transparence et d’efficacité indispensable. Il a souligné qu’« un hôpital digitalisé, c’est un hôpital qui maîtrise ses effectifs, ses recettes, ses prescriptions, ses statistiques et surtout le parcours de ses patients ».

Enfin, il a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner l’hôpital, notamment dans la poursuite du processus de digitalisation et l’amélioration du plateau technique, dont l’inauguration officielle est prévue pour la première quinzaine de décembre.

Photos :

  1. Le ministre et sa délégation lors de la visite guidée
  2. Le ministre visitant les travaux d’installation des équipements de réanimation

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