La quatrième session extraordinaire du Sénat s’est achevée vendredi 28 août 2026 à Brazzaville sur l’adoption de deux textes encadrant des contrats pétroliers, dont celui relatif au permis Banga Kayo 2 et l’avenant n°3 au contrat de partage de production des permis Holmoni et Cayo. Au-delà de ces approbations, le président du Sénat, Pierre NGOLO, a appelé à faire de la gestion des ressources naturelles un véritable levier de progrès collectif, tout en exhortant le Congo et la RDC à préserver leurs relations fraternelles après des incidents signalés à la frontière.

Le calendrier parlementaire aura finalement cédé devant les impératifs de l’action publique. À peine la troisième session extraordinaire refermée, le Sénat s’est remis au travail pour examiner deux nouveaux dossiers liés au secteur pétrolier. Une mobilisation que Pierre NGOLO considère comme révélatrice d’une exigence : celle d’un Parlement capable de répondre rapidement aux nécessités de la nation.
« Le travail parlementaire ne saurait être soumis au seul rythme du calendrier lorsque les nécessités de la nation commandent la célérité, la vigilance et la responsabilité. Lorsque l’intérêt général commande d’agir avec promptitude et diligence, le Parlement est tenu de répondre », a déclaré le président du Sénat lors de la cérémonie de clôture.
Banga Kayo 2 et Holmoni-Cayo au cœur des travaux
Présentant le rapport synthèse de cette session, la première questeur, Andréa Carole SASSOU N’GUESSO, a confirmé l’adoption des deux affaires inscrites à l’ordre du jour.
Le premier texte concerne la loi portant approbation du contrat de partage de production Banga Kayo 2, conclu entre la République du Congo, la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et la Société rurale d’exploration et de production pétrolière SAU. Signé le 21 août 2020, cet accord fixe les paramètres économiques et fiscaux applicables au permis et comprend 31 articles, complétés par des annexes portant notamment sur la procédure comptable ainsi que les régimes douanier et fiscal.
Le second texte porte sur l’approbation de l’avenant n°3 au contrat de partage de production relatif aux permis d’exploitation Holmoni et Cayo. Celui-ci introduit plusieurs modifications et nouvelles stipulations destinées à actualiser les paramètres économiques et fiscaux du contrat initial. La prorogation de trois années du plan de développement devrait, selon le rapport présenté au Sénat, favoriser une hausse significative de la production nationale d’hydrocarbures dans les prochaines années.

De la ressource à la richesse : le défi de l’État
Pour Pierre NGOLO, l’enjeu dépasse cependant la seule validation des instruments contractuels. La multiplication des dossiers pétroliers soumis au Parlement impose, selon lui, de s’interroger sur la manière dont le Congo transforme ses ressources naturelles en bénéfices durables pour la population.
« La richesse d’une nation ne réside pas seulement dans l’abondance de ses ressources naturelles, mais surtout dans la capacité de l’État à les gouverner, à les valoriser et à les convertir en progrès collectif. Derrière un contrat de partage de production, derrière une clause contractuelle, derrière une modification juridique ou économique se trouve toujours une question plus profonde : qu’est-ce que la nation gagne de ses richesses et qu’en faisons-nous pour les générations présentes et futures ? », a-t-il insisté.
Cette réflexion prend une résonance particulière au moment où le Sénat vient d’examiner, en deux sessions extraordinaires successives, plusieurs instruments contractuels dans un secteur qui demeure déterminant pour l’économie congolaise.
Le Sénat appelle au calme entre Brazzaville et Kinshasa
La clôture des travaux a également été marquée par un appel à la retenue concernant les incidents signalés dans la zone frontalière avec la RDC. Selon des informations communiquées au président du Sénat, des affrontements auraient opposé des éléments des forces congolaises et de la RDC, faisant état de morts, de prises d’otages et de disparitions.
Face à cette situation, Pierre NGOLO a salué le choix de la voie diplomatique par les autorités des deux pays. « Le Sénat encourage les deux gouvernements à user toujours de la sagesse qui leur est caractéristique en vue de préserver la sécurité de nos deux peuples frères, afin que le lien qui les unit ne soit jamais lézardé », a-t-il souligné.
Avant de déclarer la session close, le président du Sénat a invité les élus à profiter du reste des vacances parlementaires, tout en demeurant disponibles. Car, a-t-il prévenu, les nécessités de la République peuvent à tout moment imposer de nouveaux rendez-vous avec le devoir parlementaire.
Photos :
- Le Président du Sénat ;
- Vue partielle des Sénateurs lors de la clôture ;
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