Le Haut-Commissariat à la Réinsertion des Ex-combattants (HCREC), le PNUD Congo et le Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement (FIGA) ont signé, le samedi 19 avril 2025 à Brazzaville, un protocole d’accord pour la mise en œuvre du projet Bâtissons ensemble en faveur de l’insertion socio-économique des ex-combattants dans le département du Pool. L’accord, signé en présence du ministre d’État, directeur de cabinet du chef de l’État et président de la Commission nationale de désarmement et de réinsertion (CONADER), Florent NTSIBA, vise à financer des projets viables portés par des ex-combattants, leurs associés et les riverains.
Ce protocole, conclu dans le cadre du projet Ta Tungeno (Bâtissons ensemble), scelle un partenariat entre le gouvernement congolais, le HCREC, le FIGA et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il ambitionne de réinsérer 7 500 ex-combattants, 2 500 personnes associées et 10 000 riverains grâce à des projets générateurs de revenus dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’artisanat et des services.
Un pas décisif, salué par le président de la CONADER, Florent NTSIBA, pour qui « la signature de ce protocole d’accord est la matérialisation d’une volonté politique constante du président Denis SASSOU-NGUESSO de consolider la paix dans le département du Pool ». Il a rappelé que la paix constitue la condition sine qua non de tout développement économique et social : « Là où la paix est absente, on la conquiert, et là où elle est présente, on la consolide », a-t-il affirmé, saluant au passage la mise en œuvre des deux premières phases du programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion), rendue possible grâce à un financement de 3,8 milliards de FCFA et à la création du projet Bâtissons ensemble, en collaboration avec le FIGA, le PNUD et le HCREC.

Un ouf de soulagement…
Pour Landry KOLELAS, Haut-Commissaire à la réinsertion des ex-combattants, la signature de l’accord de cessez-le-feu de décembre 2017 a ouvert la voie à une paix durable. « Cette paix retrouvée, symbolisée par la libre circulation des personnes, a permis des avancées significatives dans le processus de désarmement et de dialogue communautaire », a-t-il déclaré.
Le Haut-Commissaire a salué l’engagement personnel du président de la République pour le financement du projet Ta Tungeno, qui vise à insérer durablement 7 500 ex-combattants et 2 500 associés, ainsi que 10 000 riverains. Il a toutefois souligné que la mobilisation de ressources pour les autres composantes du programme, telles que la réintégration communautaire ou la réduction des violences, reste une priorité. Il a également lancé un appel à d’autres partenaires pour soutenir les prochaines étapes du Programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (PNDDR).
Le FIGA : un levier pour l’entrepreneuriat local
Le directeur général du FIGA, Dayi Allaire Branham KINTOMBO, s’est réjoui de voir ce projet se concrétiser à travers cet accord. « Il est ici question de la réinsertion socio-économique de ces ex-combattants à travers des projets agropastoraux et artisanaux. Le FIGA assurera non seulement la garantie financière, mais aussi la formation et le suivi post-financement pour assurer la pérennité des activités », a-t-il expliqué.
Ecoutez l’extrait de l’interview du DG du FIGA
La Représentante résidente du PNUD, Adama-Dian BARRY, a salué une initiative qui « consolide les acquis du vivre-ensemble et de la cohésion sociale », soulignant la cohérence du projet Ta Tungeno avec les Objectifs de développement durable (ODD). Elle a mis en avant une approche inclusive, respectueuse de la diversité des parcours et tournée vers l’autonomie économique des bénéficiaires.
La diplomate onusienne a réaffirmé l’engagement du PNUD à accompagner le Congo dans ses efforts de consolidation de la paix et d’amélioration des conditions de vie dans le département du Pool. Dans le cadre de cet accord, le PNUD apportera son appui à la formalisation des groupements, à leur formation entrepreneuriale ainsi qu’au suivi des projets. « Le projet Bâtissons ensemble arrive à point nommé pour faire de ces populations des entrepreneurs du secteur agricole et améliorer leurs conditions de vie », a-t-elle déclaré.
La signature de cet accord marque une étape cruciale dans la phase de réinsertion du processus de paix amorcé depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu du 23 décembre 2017. Il ne s’agit pas seulement de réinsérer des individus, mais de reconstruire un tissu social fragilisé par les conflits.
Photos
- Les signataires lors de la matérialisation de l’accord
- Vue du présidium de la cérémonie
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