L’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) de Mathias DZON a qualifié d’illégale l’ouverture d’un compte de l’État à la Banque Postale du Congo précisant que « Le Trésor public ne peut avoir de compte qu’à la BEAC et nulle part ailleurs ». Au cours d’un point de presse tenu le samedi 11 janvier 2025 à Brazzaville sur l’affaire du Guichet Unique de Paiement(GUP) et le Compte Unique du Trésor (CUT) qui a opposé le Premier ministre Anatole Collinet MAKOSSO au désormais ex ministre des Finances, Jean-Baptiste ONDAYE, l’ARD a fait état des violations graves des principes de gestion financière en vigueur dans le pays.
Dans sa déclaration, l’ARD de Mathias DZON a rappelé que, selon les directives de la CEMAC et la législation congolaise, les ressources de l’État doivent être centralisées et gérées par le Trésor public via un compte unique ouvert à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). L’ouverture d’un compte à la Banque Postale du Congo, réalisée sous la convention signée en mai 2021 entre l’ancien ministre des Finances Calixte NGANONGO et cet établissement bancaire, va à l’encontre de ces règles, en particulier l’article 67 des directives de la CEMAC, qui interdit l’ouverture de comptes commerciaux pour les administrations publiques.
Cette formation politique précise qu’au Congo les principes qui régissent la gestion des finances publiques disposent que : « Les ressources financières de I’Etat n’ont pour seul caissier et gestionnaire que le Trésor public et que ce dernier n’a qu’une seule banque, la Banque centrale, en 1’occurrence, la BEAC, pour le cas qui nous occupe. Dans le même esprit, l’ordonnateur principal du budget de l’Etat est le ministre des Finances et l’ordonnateur- délégué, le Directeur général du Budget ».
L’ARD a dénoncé l’opacité entourant la gestion de ce compte, affirmant que des opérations financières sont réalisées sans que le Trésor public, pourtant responsable des mouvements des fonds publics, en soit informé. Selon des sources bancaires, souligne la déclaration, de nombreuses transactions seraient effectuées sans le contrôle des autorités compétentes, notamment le ministre des Finances et le Trésorier payeur général. Cette situation soulève des questions cruciales : qui a réellement autorisé ces mouvements financiers ? Où sont versés les fonds extraits de ce compte ?
Appel à un audit et à des réformes urgentes
Pour rétablir la transparence et la légalité dans la gestion des finances publiques, l’ARD a exigé un audit complet du compte à la Banque Postale du Congo par un cabinet international réputé. L’organisation plaide également pour la fermeture immédiate de ce compte illégal et la centralisation de toutes les recettes de l’État au niveau du Trésor public. Par ailleurs, l’ARD propose des mesures pour renforcer la gouvernance et lutter contre la fraude, notamment la création d’une brigade du renseignement douanier, la mise en place d’une Haute autorité de la transparence financière et l’institution d’un Comité de surveillance des transactions financières au Trésor public.
Enfin, l’ARD souligne que la mal-gouvernance et la délinquance financière sont les véritables maux du pays. Pour éradiquer ces problèmes, il est essentiel de mettre en place des institutions de contrôle efficaces et transparentes, en particulier dans les régies financières. Selon l’ARD, seule une gouvernance rationnelle et transparente permettra de garantir une gestion saine et une collecte efficace des ressources publiques au Congo-Brazzaville.
Photo : Mathias DZON lors de la déclaration (Crédit Groupe Congo Médias)
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