L’Unité de gestion du Projet régional d’amélioration des corridors de transport routier et fluvial en Afrique centrale (PRACAC) a organisé, le mardi 9 septembre 2025 à Brazzaville, une réunion stratégique de consultation préliminaire consacrée au projet de réhabilitation et de construction du port de Yoro. Placée sous l’autorité d’Évariste MIAKAKARILA, Directeur de cabinet du ministre de l’Économie fluviale et des Voies navigables, la rencontre a réuni, en présentiel et en ligne, les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les entreprises intéressées à soumissionner pour le marché de conception et de réalisation des travaux. Elle a permis de présenter aux participants les grandes orientations de ce vaste projet destiné à moderniser le port de Yoro.
Dans son allocution d’ouverture, le directeur de cabinet a souligné l’importance stratégique du projet. « Le site de Yoro n’est pas seulement un espace portuaire, il constitue un maillon essentiel du corridor multimodal Pointe-Noire – Brazzaville – Ouesso – Bangui – N’Djamena. Sa modernisation doit renforcer son rôle dans le commerce fluvial et régional », a déclaré Évariste MIAKAKARILA.
Le projet poursuit un double objectif : moderniser les infrastructures portuaires pour accroître la capacité et la sécurité des opérations, et intégrer des solutions logistiques et numériques afin de fluidifier le commerce et renforcer la traçabilité des marchandises.
Un projet orienté résultats
La rencontre a permis de partager avec les soumissionnaires les spécifications techniques et les attentes du gouvernement. « Nous voulons un marché conçu sur des bases solides, techniquement viables et financièrement durables. Vos retours sont essentiels pour anticiper les risques et garantir des délais maîtrisés », a insisté M. MIAKAKARILA.

Le port de Yoro, extension naturelle de celui de Brazzaville, joue un rôle clé dans l’approvisionnement de la capitale. Sa réhabilitation permettra, selon le directeur de cabinet, d’« accroître la capacité de stockage et de manutention, améliorer la sécurité, introduire des solutions logistiques numériques et créer de nouvelles zones d’activités économiques ».
Pour le coordonnateur du PRACAC, Benoît NGAYOU, la procédure retenue est innovante grâce au mode design and build (conception et réalisation). « C’est une première pour notre pays. En confiant à un seul consortium l’étude et la construction, nous gagnons en efficacité et réduisons les délais », a-t-il expliqué, invitant les soumissionnaires à « poser les vraies questions pour que la mise en œuvre respecte les règles de l’art ».
Il a également rappelé l’urgence de réhabiliter un port aujourd’hui dégradé et inadapté aux besoins croissants du commerce fluvial, soulignant que la Banque mondiale accompagne ce projet afin d’apporter une solution durable à cette situation critique.

L’ingénieur en génie civil Rémy Philippe MOUYABI, chargé de la présentation technique, a détaillé les priorités : améliorer l’accessibilité et la sécurité du port, créer une zone de relâche pour l’accueil sécurisé des balénières, introduire des systèmes numériques de gestion et de traçabilité, et développer des zones d’activités économiques dédiées aux produits halieutiques, au bois, aux matériaux de construction et aux services logistiques.
« L’objectif est de doter Yoro d’infrastructures modernes, résilientes face aux changements climatiques et capables de soutenir la compétitivité du commerce fluvial », a-t-il souligné.
Un levier d’intégration régionale
Ce projet s’inscrit dans la continuité du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC) et du Plan national de développement 2022-2026. Il vise à renforcer la compétitivité des corridors de transport, faciliter l’accès aux marchés régionaux et répondre aux besoins des pays enclavés.
Pour Évariste MIAKAKARILA, l’impact est régional : « La réhabilitation du port de Yoro est un levier d’intégration régionale. Elle créera de la valeur pour le Congo, mais aussi pour toute l’Afrique centrale. »
Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de conduire une procédure transparente et équitable, intégrant dès la conception les exigences environnementales et sociales.
Le coordonnateur du PRACAC a exhorté les soumissionnaires à s’impliquer activement : « Le succès de Yoro dépendra de la qualité du partenariat entre l’État, les bailleurs et les entreprises. Ensemble, nous pouvons bâtir un port résilient, compétitif et tourné vers l’avenir. »
Photos :
- Vue des participants lors des échanges
- Le Directeur de cabinet
- Le coordonnateur et l’experte Banque mondiale
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