Le Sénat a adopté, le mardi 23 décembre 2025, le projet de loi portant création de l’Agence congolaise des affaires maritimes (ACAM). Ce texte, initié par le conformément aux articles 125 et 143 de la Constitution et défendu par la ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine EBOUKA-BABACKAS, vise à corriger les insuffisances relevées dans la gouvernance du secteur maritime.
Présenté comme l’aboutissement d’un long processus de mise en conformité avec les standards internationaux, l’adoption de cette loi par la chambre haute du parlement congolais marque une étape décisive dans la réforme et la modernisation de l’administration maritime. Réformée en 1999, la Direction générale de la marine marchande (DIGEMA) a certes mis en œuvre plusieurs conventions ratifiées et le Code communautaire de la marine marchande de la CEMAC de 2012, mais sans véritable stratégie maritime ni cadre juridique adapté.
Un constat confirmé par l’audit réalisé en 2018 par l’Organisation maritime internationale (OMI), qui avait mis en évidence de nombreuses faiblesses, notamment l’absence de stratégie globale et la non-exécution des 28 mesures correctives exigées. La création de l’ACAM, établissement public à caractère administratif, apparaît ainsi comme une réponse structurelle aux recommandations formulées.
Face aux Sénateurs, la ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine EBOUKA-BABACKAS a clarifié la portée de l’audit de l’OMI. « Il s’agit d’une mission d’inspection et d’évaluation des affaires maritimes menée par des experts de l’OMI, à travers un questionnaire allant de la question 1 à la question 28, assorti de recommandations précises », a-t-elle expliqué.

Répondant aux préoccupations des Sénateurs sur les raisons de cette réforme, la ministre a insisté sur l’opportunité de transformer la DIGEMA, administration centrale, en une agence autonome. « Cette mutation vers un établissement public à caractère administratif permettra de disposer de ressources financières, humaines et matérielles propres, afin de résorber progressivement les faiblesses constatées », a-t-elle souligné.
Vers une administration maritime plus performante
Selon la ministre, l’ACAM bénéficiera d’une dotation initiale de l’État et d’une subvention d’équilibre, mais reposera surtout sur des ressources propres issues des droits, taxes et frais liés aux activités maritimes. « Plus notre secteur maritime sera attractif, plus l’agence disposera de moyens pour remplir efficacement ses missions de régulation », a-t-elle affirmé.
La réforme devrait également renforcer la lutte contre les pavillons de complaisance et améliorer le contrôle des navires accostant au port autonome de Pointe-Noire. Avec l’appui attendu de partenaires techniques comme l’OMI et l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’ACAM ambitionne de repositionner le Congo comme un acteur crédible et conforme aux exigences internationales en matière de gouvernance maritime.
Photos :
- Les Sénateurs lors de l’examen de l’affaire;
- La ministre des transports
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