La Cour constitutionnelle a définitivement mis fin au contentieux né de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026. Après un examen approfondi du recours introduit par le candidat Uphrem Dave MAFOULA, la haute juridiction congolaise a rejeté l’ensemble des griefs soulevés et proclamé élu Denis SASSOU NGUESSO, crédité de 94,90 % des suffrages exprimés. Une décision longuement motivée qui ouvre la voie au troisième et dernier quinquennat du président sortant.
Au terme de l’examen, la Cour a confirmé les résultats définitifs transmis par la Commission nationale électorale indépendante. Sur 3 155 751 électeurs inscrits, 2 681 921 ont pris part au vote, soit un taux de participation de 84,99 %. Denis SASSOU NGUESSO a recueilli 2 509 456 voix, dépassant largement la majorité absolue requise dès le premier tour.
Tranchant le contentieux électoral, la haute juridiction a rejeté la demande d’annulation du scrutin formulée par le candidat malheureux. S’exprimant au nom de la juridiction, Auguste ILOKI, président de la Cour constitutionnelle, a rappelé que le recours introduit par Uphrem Dave MAFOULA respectait les délais et les formes prévus par la Constitution et les lois organiques en vigueur.
Dans son recours, le requérant sollicitait l’annulation pure et simple du scrutin, invoquant des irrégularités qu’il jugeait graves : transferts présumés d’électeurs, actes de corruption électorale, entraves à l’accès des délégués dans certains bureaux de vote et soupçons de bourrage d’urnes. Autant de faits qui, selon lui, auraient porté atteinte à la sincérité du vote au profit du candidat de la majorité présidentielle.
Des accusations confrontées à l’exigence de preuve
Dans sa motivation, la Cour a insisté sur un principe fondamental du contentieux électoral : la charge de la preuve incombe au requérant. Or, après analyse des documents, vidéos et supports numériques produits, les juges constitutionnels ont estimé que ces éléments ne permettaient pas d’établir la réalité des irrégularités alléguées.
« Les pièces versées au dossier sont dépourvues de valeur probante et ne démontrent ni la matérialité des faits ni leur incidence déterminante sur les résultats du scrutin », a souligné Auguste ILOKI. La Cour a notamment relevé l’absence de procès-verbaux authentifiés, de listes d’émargement ou d’éléments permettant de situer précisément les images et vidéos produites. La demande d’ouverture d’une enquête a également été rejetée, la juridiction estimant qu’elle ne pouvait suppléer les insuffisances du dossier présenté.
La défense jugée recevable, les résultats confirmés

Sur le plan procédural, la Cour a écarté les contestations visant la recevabilité des mémoires produits par la défense de Denis SASSOU NGUESSO, rappelant qu’en droit congolais, les avocats régulièrement constitués disposent d’un mandat ad litem sans obligation de mandat spécial.
Une décision actée, un combat politique maintenu
Réagissant après la lecture de la décision, Uphrem Dave Mafoula a déclaré prendre acte du verdict tout en maintenant ses réserves. « Cette décision ne gomme pas les constats que nous avons faits sur le terrain », a-t-il affirmé, avant de remercier ses électeurs et de réaffirmer son engagement en faveur de la démocratie. « L’enjeu, désormais, est de reconstruire la confiance des Congolais et de travailler à une démocratie apaisée et transparente », a-t-il conclu.
Avec cette décision, la Cour constitutionnelle clôt définitivement le contentieux de la présidentielle de 2026 et fixe l’opinion sur les résultats définitifs du scrutin. Sur 3 155 751 électeurs inscrits, 2 681 921 ont effectivement voté, soit un taux de participation de 84,99 %. Les bulletins nuls s’élèvent à 37 578, pour un total de 2 644 343 suffrages exprimés.
Les résultats consacrent la victoire de Denis SASSOU NGUESSO avec 2 509 456 voix, soit 94,90 %. Il est suivi de Mabio MAVOUNGOU ZINGA avec 37 141 voix (1,40 %), puis d’Uphrem Dave Mafoula avec 27 254 voix (1,03 %). Viennent ensuite Melaine Destin GAVET ELENGO (23 060 voix, soit 0,87 %), Joseph KIGNOUMBI-KIA MBOUNGOU (22 744 voix, soit 0,86 %), Vivien Romain Manangou (15 994 voix, soit 0,61 %) et Angios NGANGUIA ENGAMBE (8 694 voix, soit 0,33 %).
La confirmation de cette réélection, qui ne faisait guère de doute pour une large frange de l’opinion nationale, ouvre désormais la voie à une nouvelle étape politique, marquée par les défis de la gouvernance, de la légitimité institutionnelle et de la cohésion nationale.
Photos :
- Les juges de la cour constitutionnelle lors de l’audience ;
- Le candidat Mafoula lors des plaidoiries
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