Réuni face à la presse à Brazzaville, le candidat du Mouvement Républicain (MR) à l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, Mélaine Destin GAVET ELENGO, a présenté son rapport électoral le mardi 24 mars 2026. Dans un discours dense et sans concession, il a rejeté les résultats provisoires proclamés par le gouvernement, dénoncé de graves irrégularités et appelé à un dialogue national inclusif. Celui-ci, selon lui, doit passer par la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques et l’ouverture d’une transition politique fondée sur la justice et la réconciliation nationale, suivie de la tenue d’une élection véritablement démocratique et transparente.
Dès l’ouverture de cette conférence de presse, présentée comme la dernière activité venant refermer la parenthèse électorale, Mélaine Destin GAVET ELENGO a adopté un ton grave et rassembleur. Le candidat du Mouvement Républicain a tenu à saluer l’engagement populaire autour de son projet politique, « Le changement vers un Congo prospère », qu’il présente comme une alternative crédible au système en place.
« En ce moment décisif pour l’avenir de notre pays, je m’adresse au peuple congolais avec responsabilité et respect. Merci pour votre courage, votre mobilisation et votre fidélité à l’idéal du changement. Rien n’est perdu d’avance », a-t-il déclaré. Pour lui, le combat engagé dépasse sa personne et s’inscrit dans une dynamique historique de réveil citoyen.
Un processus électoral jugé profondément vicié
Répondant aux questions des journalistes, le candidat du MR s’est montré particulièrement sévère à l’égard du déroulement du scrutin. Il conteste fermement les résultats qu’il juge falsifiés, estimant que leur acceptation constituerait une « trahison morale ». « Ma conscience m’interdit d’accepter de tels résultats. Les accepter, ce serait renoncer à ma carrière politique et à la vérité », a-t-il affirmé.
Le plus jeune challenger du président sortant à cette élection évoque un processus marqué par des manipulations massives : bourrages d’urnes, usage abusif des procurations, votes multiples, corruption d’agents électoraux et entraves au travail des délégués. « Ce que nous avons vécu durant cette élection relève d’une criminalité électorale organisée. Les chiffres ont été inventés, les procès-verbaux falsifiés. On ne peut pas demander à un peuple de croire à un mensonge aussi grossier », a-t-il dénoncé.

Selon ses compilations internes, basées sur 1 501 procès-verbaux authentifiés, son équipe revendique plus de 140 000 voix. Ces données, affirme-t-il, contredisent fondamentalement les résultats provisoires publiés, le plaçant « de très loin à la deuxième place réelle » du scrutin.
Pas de recours constitutionnel, mais une exigence politique
Sur l’absence de recours devant la Cour constitutionnelle, Gavet ELENGO assume pleinement sa position. « Comment aller devant une institution avec des résultats fondés sur le mensonge et la dissimulation ? Ne pas saisir la Cour est une démarche de cohérence morale et politique », a-t-il expliqué.
Il privilégie plutôt un dialogue national inclusif, assorti de mesures d’apaisement, notamment la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés. Il a cité, entre autres, Jean-Marie Michel MOKOKO et André OKOMBI SALISSA, deux candidats à l’élection présidentielle de 2016, condamnés à de lourdes peines par la justice congolaise, officiellement pour « atteinte à la sûreté de l’État » (Ndlr).
Un rapport de campagne aux conclusions accablantes
Présenté par le directeur de campagne, Olsen GOMO, le rapport électoral fait état d’une campagne menée sur plus de 5 000 kilomètres, ponctuée de 26 meetings à travers le pays. Le document souligne la brièveté de la campagne, les inégalités d’accès aux moyens, l’utilisation des ressources de l’État par le candidat sortant ainsi que de graves irrégularités le jour du vote, notamment la coupure des communications et l’intimidation des électeurs dans plusieurs localités.
« Nous voulons que le Congo gagne »
Dans une conclusion aux accents politiques forts, Destin GAVET interpelle directement le président sortant Denis SASSOU NGUESSO, l’invitant à « réfléchir à l’héritage démocratique laissé au pays ». « Le classement ne nous importe pas. Ce qui compte, c’est que le Congo retrouve sa dignité, sa crédibilité et le respect de la volonté populaire. Aucune oppression n’est éternelle. »
Un discours qui place désormais la question du dialogue et de la transition démocratique au cœur du débat politique en République du Congo, à l’issue d’un scrutin toujours fortement contesté.
Photos
- Le Candidat Destin GAVET lors de son mot liminaire ;
- Vue partielle des journalistes lors de la conférence
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