La cérémonie de port des insignes de grades aux 308 personnels promus des structures opérationnelles de la Présidence de la République, organisée le samedi 10 janvier à Kintélé, au nord de Brazzaville, a largement dépassé le cadre strictement protocolaire. En patronnant l’événement, Serges OBOA, Conseiller spécial du Président de la République et Directeur général de la Sécurité présidentielle (DGSP), a transformé cette tribune en un avertissement solennel adressé à la classe politique, aux citoyens en général et, plus particulièrement, aux parents des délinquants communément appelés « Bébés noirs », alors que l’opération d’éradication de ce phénomène se poursuit à travers le pays, à quelques semaines de l’élection présidentielle prévue en mars 2026. Au cours de cette rencontre, le DGSP a tenu un discours sans équivoque, affirmant avec fermeté que « la rue ne décidera pas en mars 2026 ».

Cette cérémonie de port des insignes, érigée en véritable message d’autorité, a également été l’occasion pour Serges OBOA de rappeler la forte portée symbolique de l’événement : « Elle est la dernière du mandat en cours, la première du premier trimestre et surtout la première avant l’échéance majeure de mars 2026 », a-t-il souligné, avant de présenter ses vœux de nouvel an aux troupes.
S’appuyant sur les instructions du Chef de l’État, Chef suprême des armées, le Directeur général de la Sécurité présidentielle a tenu à fixer une ligne rouge claire, insistant sur le caractère non négociable de la paix. « Les élections devront se dérouler dans la paix, la quiétude et la transparence. Cette instruction doit être intériorisée, car nous avons l’obligation d’accompagner les institutions républicaines dans cette échéance », a-t-il martelé.
Dans un langage dénué de toute ambiguïté, Serges OBOA a enfin mis en garde contre toute tentative de remise en cause de la stabilité nationale : « Nous ne tolérerons pas qu’un individu ou un groupe d’individus ose remettre en cause la paix chèrement acquise. Le match se joue au stade, pas dans la rue. Ceux qui tenteront de troubler l’ordre public croiseront notre chemin. La loi s’appliquera, sans état d’âme. »
« Pas de désordre, pas de complaisance »
Le Directeur général de la Sécurité présidentielle a également durci le ton sur les manifestations non autorisées et les contestations postélectorales, insistant sur la nécessité pour tous d’observer scrupuleusement les lois de la République. « Vous êtes lésés ? La République a prévu des voies de recours. Pas de troubles à l’ordre public. La rue n’est pas un tribunal », a-t-il martelé.

Il a été tout aussi catégorique à l’endroit des parents accusés de couvrir des actes criminels de leurs enfants dits « Bébés noirs ou Kulunas »: « Vos enfants sont toujours innocents, dites-vous. Mais quand ils se présentent eux-mêmes comme chefs de gang, qui a raison ? Ceux qui protégeront les bandits, ceux qui manifesteront sans autorisation, seront traités comme des complices ».
Traque du banditisme : « jusqu’au dernier bandit »
Revenant sur les opérations sécuritaires en cours depuis près de quatre mois, Serges OBOA a défendu une approche fondée sur le renseignement et la fermeté. « Nous avons les moyens humains, matériels et les preuves. Nous irons jusqu’au dernier retranchement du dernier bandit », a-t-il affirmé, évoquant des crimes d’une extrême gravité récemment élucidés.
Selon lui, les résultats sont déjà visibles: « Aujourd’hui, nos quartiers respirent davantage. Nos mamans et nos enfants circulent plus librement. C’est cela que veut la République ».
Au nom des récipiendaires, le colonel Benoît Macaire OBISSI DIMI a exprimé son adhésion totale à cette ligne de fermeté. « L’armée, c’est l’ordre et la discipline. Nous recevons les ordres et nous les exécutons. La paix est une nécessité pour tous », a-t-il déclaré, avant de souligner que la lutte contre le banditisme « est continue et repose aussi sur le renseignement de la population ».
À Kintélé, le message aura été limpide : mars 2026 ne se jouera ni dans la rue ni dans le désordre. La sécurité présidentielle prévient, et prévient sans détour : la loi s’imposera, coûte que coûte.
Photos :
- Une vue des nouveaux promus lors de la cérémonie
- Le Directeur général de la sécurité présidentielle lors de son discours
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