Le Président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), Médard MILANDOU NSONGA, a appelé, le mardi 24 février 2026 à Brazzaville, les professionnels des médias à faire preuve de professionnalisme dans le traitement de l’information en lien avec la campagne présidentielle des 12 et 15 mars prochains. Organisée à l’issue d’une série de rencontres du Conseil avec les responsables des plateformes politiques, cette réunion, qui a rassemblé les responsables des organes de presse ainsi que les équipes de communication des candidats, a permis au président du CSLC de rappeler les règles du jeu et de fixer les professionnels des médias sur les directives du Conseil pour la couverture de la campagne électorale qui s’ouvre dans quelques jours. Des directives claires visant à prévenir les dérives et à favoriser une couverture médiatique responsable, fondée sur la paix, l’éthique et le respect du pluralisme.
Point d’orgue d’une tournée citoyenne menée auprès des différents acteurs des plateformes politiques pour prêcher la paix et l’apaisement, la rencontre avec les responsables des médias a été l’occasion pour Médard MILANDOU NSONGA de revenir sur la série de consultations stratégiques menées avec l’ensemble des plateformes politiques, majorité, opposition constitutionnelle et centres, ainsi qu’avec les acteurs de la communication de l’intérieur du pays, dans le but d’amener tous les acteurs à contribuer à l’organisation d’un scrutin présidentiel apaisé.

« Partout où nous sommes passés, le message était le même : la paix, rien que la paix. Nous avons demandé l’abandon des messages de haine, des injures et des provocations. Quelle que soit la couleur politique, nous avons parlé le même langage », a-t-il insisté.
Pour le président du CSLC, les médias occupent une position centrale dans ce processus. « C’est à travers les médias que la population est informée. Mais si les médias relaient des propos sans filtre éthique, ils peuvent provoquer des réactions incontrôlées au sein de l’opinion », a-t-il averti.
L’autocensure éthique, première responsabilité du journaliste
S’exprimant également en tant que journaliste, Médard MILANDOU NSONGA a adressé un message direct à la profession, rappelant les questions fondamentales que tout journaliste devrait se poser avant de diffuser une information. « Le journaliste doit se poser des questions essentielles : est-ce utile ? Est-ce dangereux ? Quelles conséquences cela peut-il avoir sur la paix sociale ? », a-t-il expliqué, dénonçant les comportements qu’il qualifie de « pyromanes » lorsque des propos incendiaires sont relayés sans recul.

Il a rappelé que si la presse est libre, cette liberté demeure encadrée par des principes. « La presse est libre, mais elle est soumise au respect de règles. Le battement de cœur de celui qui écrit ou qui parle devrait lui interdire certains comportements », a-t-il martelé.
Des directives claires pour la campagne de 2026
Au cœur de la rencontre, le CSLC a présenté aux journalistes les directives encadrant la couverture médiatique de la campagne présidentielle. Ces textes rappellent notamment les obligations légales : information honnête et équilibrée, égalité de traitement des candidats, respect de l’impartialité, droit de réponse, conservation des messages, ainsi que l’interdiction de tout contenu diffamatoire ou incitant à la haine. « Ces directives ne créent pas de nouvelles contraintes. Elles visent à faciliter une application homogène et responsable des textes existants pendant la période électorale », a précisé le président du CSLC.
Le Président du Conseil supérieur de la liberté de communication a exhorté les médias à jouer pleinement leur rôle démocratique. « Une élection apaisée passe par une presse responsable. Le CSLC n’est pas un organe de censure, mais un garant de la liberté de communication dans le respect de la paix et de la cohésion nationale », a-t-il déclaré.
Le Conseil a par ailleurs annoncé avoir pris une série de décisions liées à la couverture de cette campagne, notamment celle fixant la liste des médias autorisés à couvrir l’événement. Un message clair, à l’heure où la presse congolaise est appelée à être l’un des piliers de la crédibilité du scrutin présidentiel de mars 2026.
Photos :
- Vue des journalistes lors de l’échange ;
- Les hauts conseillers lors de la rencontre
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