L’arrêté n°111, signé le 23 janvier 2026 par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphirin MBOULOU, fixant la période de dépôt des dossiers de déclaration de candidature à l’élection présidentielle du 15 mars 2026, a lancé le compte à rebours pour les prétendants à la magistrature suprême. Les potentiels candidats, dont le Révérend Pasteur Fréderic BINTSAMBOU NTUMI, disposent ainsi d’un délai allant du 29 janvier au 12 février à minuit pour se conformer aux exigences légales et administratives prévues par la loi électorale.

Dans ce contexte, une question majeure émerge au sein de la classe politique congolaise : le Révérend Pasteur Frédéric BINTSAMOU  NTUMI, candidat déclaré du Conseil national des républicains (CNR), parti de l’opposition, ira-t-il jusqu’au bout du processus en déposant effectivement son dossier de candidature ? L’interrogation est d’autant plus légitime que l’élection s’annonce comme un duel quasi certain face au candidat du Parti congolais du travail (PCT), qui, sauf surprise, sera le président sortant Denis SASSOU N’GUESSO.

L’arrêté ministériel précise les conditions strictes à remplir: déclaration de candidature légalisée, acte de naissance, certificat de nationalité, casier judiciaire, certificat médical délivré par un collège de médecins assermentés, déclaration de moralité fiscale, sans oublier le cautionnement non remboursable de 25 millions de francs CFA à verser au Trésor public. « Les dossiers sont déposés à la direction générale des affaires électorales », souligne le texte officiel.

Mais au-delà des exigences administratives, le contexte sécuritaire dans le département du Pool pèse lourdement sur l’actualité politique congolaise, à moins de deux mois de l’élection présidentielle. Les récents incidents tragiques opposant des éléments de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) à d’anciens combattants Nsilulus ont ravivé des tensions que beaucoup pensaient définitivement apaisées. Une situation qui pourrait influencer, directement ou indirectement, la décision finale de Pasteur NTUMI.

Du côté du CNR, l’on se veut prudent mais déterminé à prendre part à ce scrutin, tout en prônant l’apaisement. Au sortir de la réunion de la commission ad hoc mixte paritaire de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités entre le gouvernement et le révérend pasteur Frédéric BINTSAMOU NTUMI, tenue du 12 au 15 janvier dernier, l’appel à la retenue, au rétablissement de l’ordre public et à la préservation de la paix figurait parmi les principales articulations du communiqué final. À la suite des événements tragiques survenus le 11 janvier à Mindouli, le CNR a également appelé à l’apaisement et à bannir la violence sous toutes ses formes, tout en réaffirmant sa volonté d’aller aux élections.

Reste à savoir si, dans ce contexte politique et sécuritaire sensible, Frédéric BINTSAMOU, dont les précédentes apparitions à Brazzaville ont souvent suscité des inquiétudes par le passé, franchira l’étape décisive du dépôt de candidature. Une décision que ses partisans  attendent et qui selon eux est susceptible de redessiner les équilibres de la présidentielle de mars 2026 et de raviver le débat sur la participation effective de l’opposition à ce scrutin majeur.

Photo : Le Pasteur NTUMI lors d’un meeting à Kinkala.

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