Le Comité exécutif de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) a dénoncé, le vendredi 22 août à Brazzaville, l’attitude du ministère des Sports, accusé de paralyser volontairement le fonctionnement des activités de l’instance par la fermeture des stades. Une décision qui, selon la fédération, ne fait qu’aggraver la crise chronique d’un football national déjà en grande difficulté. Réuni en session ordinaire, le Comex a publié un communiqué dans lequel il exprime avec vigueur son désarroi face à des agissements jugés contraires aux accords conclus depuis 2014.
Au cœur de la discorde : la fermeture des stades Alphonse Massamba-Débat (Brazzaville), Municipal de Pointe-Noire et Paul Sayal Moukila (Dolisie). Ces infrastructures, pourtant mises à disposition de la FECOFOOT pour une durée de 20 ans par des conventions signées en 2014 et 2016, avaient été modernisées grâce au financement de la FIFA et devaient constituer le socle des compétitions nationales.
Malgré une ordonnance de la Cour d’appel de Brazzaville annulant la suspension provisoire de ces autorisations, le ministère maintient sa position. « Aujourd’hui, plus rien ne justifie donc l’interdiction d’occuper ces installations sportives », souligne la FECOFOOT dans son communiqué. Pour de nombreux observateurs, ce bras de fer traduit moins une simple divergence institutionnelle qu’une volonté manifeste de bloquer le redémarrage du football congolais.
Des conséquences déjà lourdes
Les répercussions sont immédiates. La double confrontation des barrages entre le RCB et l’ASP n’a pas pu se tenir à Dolisie comme prévu, et a dû être délocalisée en urgence au Centre technique FIFA d’Ignié. Une situation perçue comme humiliante pour des clubs déjà en grande difficulté financière.

Le président de la Ligue départementale du Niari, Kokolo Pelé, n’a pas caché son amertume : « Nous sommes désolés. On nous avait confirmé que le stade Paul Sayal Moukila serait ouvert, mais à la dernière minute, le ministère a ordonné sa fermeture. Les équipes de Pointe-Noire et de Brazzaville étaient déjà sur place. C’est incompréhensible. Voyez la débâcle des Diables Rouges au CHAN : faute de compétitions régulières, ils n’avaient aucune chance. Le ballon doit rouler, sinon le football congolais mourra. »
Une stratégie d’asphyxie ?
Alors que le Congo s’apprête à disputer les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 et d’autres compétitions internationales (U20, U17, interclubs CAF), l’absence de stades disponibles fragilise directement la préparation des équipes nationales et prive les jeunes talents d’une vitrine indispensable.
Le contraste est d’autant plus criant que ces mêmes stades restent ouverts à des concerts souvent marqués par des débordements. Une décision qui donne l’impression d’un choix délibéré d’asphyxier une discipline sportive déjà mal en point.
Une saison compromise
Malgré la nomination de deux nouveaux membres à son Comité exécutif et la tenue des assemblées générales de clubs, la FECOFOOT s’inquiète pour l’avenir immédiat du championnat national de Ligue 1, dont le calendrier (13 septembre – 12 décembre 2025) risque de rester lettre morte si le blocage perdure.
Déjà malade depuis des années, le football congolais semble aujourd’hui victime d’une stratégie d’étouffement imputée à ceux-là mêmes qui devraient contribuer à son relèvement. Au lieu de soigner ses plaies, la décision du ministère apparaît comme un coup de couteau supplémentaire porté dans un corps sportif à l’agonie.
Photos:
- Quelques membres des délégations devant le stade Paul Sayal Moukila de Dolisie fermé
- Le stade Massamba débat en ébullition lors d’un match.
Contacts de notre rédaction: gcm.redaction16@gmail.com
Téléphone & Whatsapp : +242 06 954 43 25

