Dans un Communiqué de presse rendu public, le mardi 13 aout 2024, la Banque mondiale révèle le contenu de son dernier rapport sur la situation économique de la République du Congo. Le rapport souligne une lente mais tangible reprise économique. Après une croissance du PIB de 1,9 % en 2023, le Congo devrait connaître une augmentation de 3,5 % en 2024, soutenue par des performances solides dans les secteurs pétrolier et non pétrolier. Toutefois, cette reprise reste fragile en raison des fluctuations dans la production pétrolière.
Le document précise que malgré cette amélioration économique, des défis majeurs persistent. L’inflation a accéléré pour atteindre 4,3 % en 2023, et l’insécurité alimentaire grave touche maintenant 59 % de la population. La pauvreté demeure préoccupante, avec près de 50 % des Congolais vivant avec moins de 2,15 dollars par jour.
Le rapport de la Banque mondiale met en lumière l’importance cruciale de la foresterie pour la croissance durable de la République du Congo. Le pays, qui possède des forêts couvrant deux tiers de son territoire, a réussi à maintenir un taux de déforestation relativement bas malgré les pressions économiques et les activités d’exploitation illégale. Le Congo a entrepris des réformes importantes, y compris la promulgation d’un nouveau code forestier en 2020, et s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 32 % d’ici 2030. Cependant, pour atteindre ces objectifs ambitieux, le Congo a besoin d’un soutien financier international estimé à 7,1 milliards de dollars.
Louise Pierrette MVONO, représentante résidente de la Banque mondiale au Congo, souligne la nécessité d’innovations fiscales pour soutenir la durabilité forestière. Elle propose d’introduire des instruments de recettes fiscales, comme le système de « bonus-malus » pour les méthodes de production du bois, afin d’encourager des pratiques plus écologiques.
Le rapport recommande également une meilleure gouvernance forestière, un renforcement de la coopération régionale, et une plus grande mobilisation de financements internationaux pour protéger les forêts du bassin du Congo, vitales pour le climat mondial.
En réponse aux défis, le Congo a mis en place une interdiction d’exportation de grumes depuis juillet 2023, favorisant ainsi la diversification économique. Cette mesure, combinée aux investissements dans les infrastructures et le nouveau code forestier, marque une avancée significative vers une gestion durable des ressources forestières.
Le rapport de la Banque mondiale appelle à une action concertée pour équilibrer croissance économique et préservation environnementale, soulignant que le futur économique du Congo dépend de sa capacité à protéger ses précieuses forêts tout en renforçant son économie.
Photo : Vue du bâtiment du ministère des finances
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