La Représentante résidente du PNUD au Congo, Adama Dian BARRY, a remis au gouvernement congolais un important lot d’équipements et d’infrastructures destinés à renforcer les plateaux techniques des laboratoires, la chaîne d’approvisionnement, ainsi que la gestion des déchets biomédicaux. Cette contribution vise à soutenir les efforts de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA et la tuberculose. D’un coût global d’un milliard six cent quatre-vingt-onze millions deux cent neuf mille (1691209000) francs CFA, cette dotation, acquise grâce au soutien du Fonds mondial, a été officiellement réceptionnée le vendredi 27 juin 2025 à Brazzaville, par le ministre de la Santé et de la Population, lors de la Journée de plaidoyer pour la riposte contre le VIH/SIDA et la tuberculose.

Dans son allocution, Adama Dian BARRY a souligné que cette dotation comprend un ensemble d’équipements et de réalisations essentiels pour progresser vers l’élimination du VIH et de la tuberculose d’ici 2030. Elle a notamment cité l’enquête comportementale et biologique menée par le Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS), qui met en évidence la vulnérabilité croissante des adolescents, des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans. « Leurs vies dépendent de la disponibilité des médicaments, rendue possible grâce à la solidarité de tous », a-t-elle rappelé.

Parmi les réalisations remises figurent également un laboratoire national de référence P3 de mycobactériologie, conforme aux normes de biosécurité, entièrement équipé, ainsi que douze incinérateurs dotés de systèmes de filtration pour un traitement sécurisé des déchets médicaux.

« Le PNUD remet aujourd’hui au gouvernement un laboratoire de référence P3, douze incinérateurs d’une capacité de traitement de 30 à 50 kg/heure, quatre camions réfrigérés, cinq véhicules pour le transport des produits de santé au niveau des districts, ainsi que les premiers chantiers pour la construction du siège du PNLS et de vingt entrepôts de stockage dans les quinze départements du pays », a énuméré la Représentante.

Le Ministre Jean Rosaire Ibara a salué les résultats déjà obtenus grâce aux efforts conjoints du Fonds mondial, du PNUD, de l’OMS, de l’UNICEF et d’autres partenaires : « Le nombre de personnes vivant avec le VIH sous traitement est passé de 26 030 en 2019 à 44 112 en 2024. Les décès sont passés de 8 600 à 6 300 », a-t-il déclaré.

Une contrepartie nationale attendue, sous peine de recul

Cependant, l’absence de contribution financière de la part du gouvernement congolais inquiète les partenaires. Alors que le Fonds mondial a accordé près de 59 milliards de francs CFA dans le cadre du 7e cycle de financement – visant à traiter 85 000 personnes vivant avec le VIH, 20 000 cas de tuberculose et plus de 528 000 cas de paludisme, ainsi qu’à distribuer 4 millions de moustiquaires,  la contrepartie nationale, estimée à 14 millions d’euros (environ 9 milliards de francs CFA), reste toujours impayée.

« Il est urgent de garantir la pérennité des financements. Notre plaidoyer vise à mobiliser des ressources nouvelles mais aussi à maintenir les financements existants pour assurer une prise en charge efficace des malades », a insisté le ministre IBARA.

De son côté, Lionel CARUANA, gestionnaire du portefeuille Fonds mondial au Congo, a averti : « Sans contrepartie, 20 000 patients atteints de tuberculose ne recevront pas leur traitement d’ici fin 2026, et 20 % de la population ne recevra pas de moustiquaires. » Il a aussi rappelé que le non-respect des engagements pourrait entraîner un réajustement du soutien international au profit de pays plus engagés. 

Adama Dian Barry a renchéri : « Ce n’est pas seulement une question de chiffres, mais de vies humaines. Si la contrepartie n’est pas honorée, des malades perdront l’accès à des soins vitaux. »

La directrice du PNLS, Ruth Cécile MIAKASSISSA MAPAPA, a, quant à elle, rappelé que les progrès enregistrés ; hausse du nombre de personnes sous traitement, baisse de la mortalité, construction d’infrastructures modernes, reposent sur la solidarité internationale. « Sans contribution de tous, ces acquis ne pourront être maintenus. »

Les participants ont lancé un appel pressant pour un engagement ferme et durable de l’État congolais, afin de garantir l’efficacité des programmes et d’enrayer définitivement ces pandémies.

Photos :

  1. La Représentant résidente remettant les contacts au ministre ;
  2. Vue de la façade du laboratoire après la coupure du ruban par le ministre

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