Le Sénat de la République du Congo a adopté, le jeudi 14 novembre 2024, une loi fondamentale régissant la Procréation Médicalement Assistée (PMA), une avancée majeure pour le pays dans la prise en charge des couples confrontés à l’infertilité. La proposition de loi du vénérable Julien Ignace MATETE MOUNOI qui vient d’être adopté par le Sénat congolais va combler un vide juridique qui existait dans la pratique de cette activité au Congo.
L’infertilité, qui touche une personne en âge de procréer sur six à l’échelle mondiale, affecte profondément la vie des couples, des familles et des communautés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 17,5 % de la population adulte est touchée par ce problème, une situation à laquelle le Congo n’échappe pas. La PMA, qui englobe des techniques comme l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro, permet à de nombreux couples d’espérer fonder une famille, même en l’absence de grossesse naturelle. Si cette technologie a fait ses preuves depuis la naissance du premier « bébé éprouvette », Louise Brown, en 1978, il est devenu nécessaire de mettre en place un cadre législatif pour encadrer son usage. C’est ce vide juridique qui a conduit le vénérable Julien Ignace MATETE MOUNOI à proposer cette nouvelle loi, un texte désormais adopté par les sénateurs.
Lors d’une interview accordée à la presse, l’auteur de la proposition de loi a souligné l’importance d’un tel texte pour garantir l’éthique de la PMA et éviter les dérives observées dans certains pays où la pratique s’effectue sans encadrement législatif. « La PMA est pratiquée au Congo, mais il n’existait jusque-là aucune loi pour réguler son usage. Il était donc impératif de créer un cadre juridique qui protège les bénéficiaires tout en respectant les principes de la médecine », a précisé le Vénérable MATETE MOUNOI.
L’un des enjeux cruciaux de la PMA réside dans le coût des intrants, notamment les médicaments et les produits biologiques, qui, en raison de leur nature, nécessitent un transport particulier, notamment le respect de la chaîne de froid. Si l’insémination artificielle, une technique de la PMA, est pratiquée au Congo à un tarif relativement abordable de 150.000 francs CFA, le Sénateur auteur de la proposition de a insisté sur le fait que les coûts peuvent augmenter en fonction des besoins spécifiques de chaque couple. En effet, la consommation de médicaments et autres intrants varie selon chaque organisme, rendant le traitement plus coûteux.
Avec l’adoption de cette loi, le Congo rejoint ainsi les pays qui ont légiféré sur cette pratique, garantissant à la fois la protection des individus et une meilleure accessibilité à ces soins. Pour les couples congolais affectés par l’infertilité, cette loi marque un tournant important dans la reconnaissance et l’encadrement des technologies modernes de procréation.
Photo : Le Sénateur auteur de la proposition de loi face à la presse
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