La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) dresse un constat sans concession sur les violences faites aux femmes en République du Congo. Dans une note de position publiée le mardi 25 novembre 2025, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites à la femme, l’organisation dirigée par Christian MOUNZEO appelle à « rompre le cycle de l’impunité » et à renforcer d’urgence la protection des femmes congolaises, confrontées à des formes de violence de plus en plus complexes. L’ONG, engagée pour la défense des droits humains, met en lumière trois fronts prioritaires : les violences numériques, la situation des femmes autochtones et l’impact de la corruption sur leurs droits.
Dans son plaidoyer, la RPDH, qui affirme rester « aux côtés de celles et ceux qui œuvrent pour un Congo où la dignité humaine n’est pas négociable », exhorte le gouvernement à adopter rapidement une loi de protection des défenseurs des droits humains, à réprimer fermement les violences en ligne et à réformer l’arsenal juridique lié à la corruption. Les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d’accès à internet sont également appelés à s’impliquer dans la dénonciation systématique des abus.
La RPDH alerte notamment sur la montée fulgurante des violences numériques, un phénomène mondial auquel le Congo n’échappe plus. Harcèlement, discours de haine, doxing, usurpation d’identité, diffusion d’images intimes : les abus se multiplient et détruisent des vies. Trois affaires récentes illustrent cette tendance inquiétante : celles visant Nina KIYINDOU YOMBO, Directrice exécutive de l’OCDH, Rosie PIOTH, journaliste indépendante, ou encore Princesse MOUANGASSA, candidate aux législatives de 2022. « Combien de femmes congolaises anonymes subissent ces violences en silence ? », interroge l’organisation, qui condamne « toute forme d’intimidation et de représailles exercées par voie numérique contre les femmes et les filles ».
Femmes autochtones : l’angle mort des politiques publiques
L’analyse du RPDH s’étend également aux communautés forestières, où les femmes autochtones paient un lourd tribut à l’inégalité. Souvent exclues des comités de gestion forestière et rarement consultées lors des négociations avec les sociétés exploitantes, elles demeurent les premières impactées par la réduction des espaces vitaux et la raréfaction des ressources naturelles. « Elles vivent au cœur des forêts, mais restent en marge des décisions qui déterminent leur avenir », souligne la RPDH.
Le manque d’éducation, l’extrême précarité et la faible redistribution des bénéfices issus de l’exploitation forestière accentuent encore leur vulnérabilité. Pour l’organisation, renforcer leurs capacités constitue désormais une urgence sociale et environnementale.
Corruption et violences sexistes : un système qui étouffe les victimes
La note met également en évidence un phénomène longtemps minimisé : le lien direct entre corruption et violences faites aux femmes. Qu’il s’agisse du « droit de cuissage » en milieu scolaire, de sextorsion dans les milieux professionnels ou d’abus de pouvoir dans l’accès aux services, les femmes en sont les principales victimes. « Lorsque les institutions sont affaiblies, les agresseurs se sentent protégés. L’impunité alimente la violence », dénonce la RPDH. L’organisation s’indigne notamment de cas où des victimes mineures sont renvoyées vers des règlements dits « amicaux », révélateurs d’un système judiciaire encore défaillant.
Photo : Une femme brandissant une pancarte lors d’une manifestation (Droits Réservés)
Contacts de notre rédaction : gcm.redction16@gmail.com
Téléphone & Whatsapp : +242 06 954 43 25

