L’administration congolaise a franchi une étape décisive dans le processus de digitalisation des procédures de passation des marchés publics avec l’ouverture, le vendredi 17 mai 2025 à Brazzaville, de l’atelier de validation du rapport sur la dématérialisation des procédures, produit par Max RASENDRASOA, Consultant international. Organisé grâce à l’appui financier de la Banque mondiale, à travers le Programme d’accélération de la gouvernance institutionnelle et des réformes (PAGIR), cet atelier vise à examiner et valider un document stratégique devant permettre au Congo d’abandonner l’ancien système au profit de la digitalisation de ses services.
Ouverts par Thomas BANDIA, coordonnateur du projet PAGIR, les travaux, qui se poursuivront jusqu’au samedi 18 mai, réunissent une cinquantaine d’experts et d’agents métiers issus de l’Autorité de régulation des marchés publics, de la Direction générale du contrôle des marchés publics, de la Délégation générale aux grands travaux, des ministères et autres institutions. Ils mèneront une analyse approfondie du rapport technique élaboré par le consultant, expert en systèmes intégrés de gestion des marchés publics. Une étape cruciale dans la volonté du pays de se doter d’un système dématérialisé efficace et transparent.
« La dématérialisation n’est plus une option, mais une urgence. Elle vise à réduire les lourdeurs administratives, améliorer la transparence, renforcer la traçabilité, lutter contre la corruption et optimiser la gestion des ressources publiques », a déclaré Thomas BANDIA à l’ouverture de l’atelier.
Cet atelier de validation constitue la première étape concrète du processus de modernisation numérique des marchés publics. Fruit d’un travail rigoureux mené en étroite collaboration avec les parties prenantes, le document stratégique présenté se veut un outil de référence pour une mise en œuvre réussie de la réforme. Le rapport sera passé au crible afin d’assurer qu’il reflète les réalités du terrain et serve de fondement solide à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle.

Le rapport présenté par Max RASENDRASOA confirme que le cadre juridique et réglementaire de la République du Congo en la matière est prêt à accueillir un système e-GP (gestion électronique des marchés publics). « Globalement, le socle législatif est solide. Il permet de lancer la digitalisation sans contrainte majeure », a-t-il affirmé, tout en soulignant la nécessité d’amender certains textes pour mieux intégrer la sécurité numérique et les besoins des fournisseurs.
Parmi les principales recommandations, le consultant propose le développement d’une solution nationale fondée sur un logiciel existant, en s’inspirant des modèles réussis de la Tunisie ou du Rwanda. Il préconise également une gouvernance du projet confiée à l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), appuyée par des prestataires de services de certification électronique.
La mise en œuvre de cette réforme se déroulerait en trois phases sur une période de quatre ans. La première consisterait en une phase pilote menée auprès de ministères déjà engagés dans la gestion en mode budget-programme. La deuxième prévoirait une extension progressive à l’échelle nationale, et la troisième viserait à consolider les acquis techniques et réglementaires.
La validation de ce rapport rapproche un peu plus le Congo de la modernisation de sa commande publique : une période charnière qui marque le passage du temps du diagnostic à celui de l’action.
Photos
- Les participants lors de la photo de famille
- Le présidium à l’ouverture de l’atelier
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