Le Réseau national des associations de lutte contre les violences sexospécifiques au Congo (RENALVISCO) a lancé, jeudi 25 septembre 2025 à Brazzaville, les travaux de révision de ses textes fondamentaux et de redynamisation de ses instances dirigeantes. Organisée avec l’appui de Catholic Relief Services (CRS) Congo, cette réunion a marqué la relance des activités de ce regroupement d’ONG en vue d’actualiser les statuts afin de renouveler le bureau et définir une nouvelle feuille de route.

Venus des quatre coins du pays, les représentants des structures affiliées ont ainsi donné un nouvel élan au réseau, après plusieurs années de silence. « Pendant longtemps, le RENALVISCO était en hibernation. Aujourd’hui, nous avons décidé de le redynamiser », a déclaré Jocelyne MILANDOU KANZA, coordonnatrice du réseau, à l’ouverture des travaux. Elle a rappelé : « Près de six ans se sont écoulés sans assemblée générale. Il est temps de remettre nos statuts et notre règlement intérieur en conformité afin de bâtir une feuille de route claire et ambitieuse. »

La rencontre a permis de constituer un comité restreint de huit membres, chargé de finaliser la révision des textes avant la tenue, d’ici décembre, d’une assemblée générale élective. « Cette prochaine étape sera l’occasion de valider nos nouveaux textes et de renouveler nos instances dirigeantes », a-t-elle précisé.

Mobiliser toutes les forces contre un fléau

Pour la Coordonnatrice du RENALVISCO, la lutte contre les violences sexospécifiques nécessite « une mobilisation de toutes les compétences et une détermination sans faille ». Elle a souligné que : « Les violences faites aux femmes restent malheureusement récurrentes dans notre pays. Certaines victimes trouvent le courage de briser le silence, mais beaucoup demeurent prisonnières des pressions sociales ou familiales. »

Le réseau regroupe médecins, psychologues, enseignants-chercheurs et magistrats. Jocelyne MILANDOU KANZA a insisté sur l’urgence d’agir : « Plus que des titres, il faut une véritable conviction de défenseur des droits humains. » Elle a également rappelé le rôle clé des médias : « La presse est un relais essentiel pour diffuser les bonnes informations et encourager les victimes à dénoncer. »

Une feuille de route pour une action durable

Cette réunion, qui a réuni plus de quarante participants, constitue une étape décisive pour ce réseau citoyen. L’assemblée générale prévue en décembre devra entériner les nouveaux textes, élire une nouvelle direction et adopter une feuille de route ambitieuse.

« Nous voulons placer la dignité humaine et les droits fondamentaux au centre de notre action », a conclu Jocelyne MILANDOU KANZA. Avec ce renouveau, le RENALVISCO espère renforcer son rôle de vigie et d’accompagnement, afin de transformer le silence des victimes en parole libératrice.

Créé en 2011, le RENALVISCO s’est donné pour mission de structurer l’action communautaire contre les violences sexospécifiques. Sa relance intervient dans un contexte marqué par la réactivation du numéro d’urgence 14 44 qui vise à faciliter la dénonciation anonyme et sécurisée des actes de violences et l’adoption de la loi Mouebara en 2022. Un cadre juridique renforcé avec la loi n°19-2022 du 04 mai 2022 portant lutte contre les violences faites aux femmes en République du Congo et le décret n°2022-237 portant création du programme national de lutte contre les violences faites aux femmes. A cela s’ajoute la création du centre Mouebara qui témoigne de la volonté d’assurer une prise en charge holistique des victimes.

Photos :

  1. Les participants posant pour la postérité ;
  2. La Coordonnatrice du RENALVISCO lors de son discours d’ouverture

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