Le Président de l’Assemblée nationale et président actif de la section congolaise de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), Isidore MVOUBA, a invité les parlementaires francophones d’Afrique à maintenir allumée la flamme de leur engagement. L’appel a été lancé mardi 15 avril 2025 à Brazzaville, lors de l’ouverture de la 16e Conférence des Présidents d’Assemblées et de Sections de la Région Afrique de l’APF. Une rencontre de haut niveau qui réunit les figures majeures de la diplomatie parlementaire francophone africaine autour de thématiques cruciales pour l’avenir du continent.
Lors de la cérémonie d’ouverture, l’honorable Isidore MVOUBA a souligné l’importance de ce rendez-vous : « Chaque jour qui passe, avec humanisme et toujours avec universalisme, nos Assemblées et sections (…) contribuent à activer la diplomatie d’essence parlementaire, consolider la démocratie et garantir les droits de la personne humaine. » Il a salué les efforts de formation menés par l’Institut Léopold Sédar Senghor d’Alexandrie, tout en appelant les parlementaires à se positionner « aux avant-postes de la lutte pour la paix, le développement et l’émergence ».
Le président de la chambre basse du Parlement congolais a présenté ces assises qu’abrite Brazzaville comme un rendez-vous stratégique d’où pourra émerger un consensus sur divers sujets. « À l’heure où notre continent est à la croisée des chemins, les assises de Brazzaville pourraient être le lieu du consensus pour adopter les thématiques à discuter, du 25 au 27 mai 2025, à Cotonou, chez notre cher ami et frère, le Président Louis Gbèhounou VLAVONOU, à l’occasion de notre Assemblée régionale. »
Parmi les enjeux mis en lumière figurent la valorisation de la jeunesse et de la démographie, la transition énergétique, le changement climatique et les mutations économiques liées à la ZLECAf. Autant de thèmes que la prochaine Assemblée régionale devra approfondir.

L’honorable Hilarion ETONG, Président de l’APF, a pour sa part insisté sur le contexte politique instable que traverse encore une partie du continent. « L’année 2025 est un tournant significatif pour la politique de notre région, marquée, comme chacun le sait, par des changements substantiels et des événements qui ont façonné la dynamique politique de notre continent. La transition démocratique demeure l’élément essentiel dans la trajectoire politique de nombreux pays de notre région », a-t-il déclaré. Il a néanmoins souligné les progrès enregistrés, tout en alertant sur les tensions persistantes : « Certaines régions continuent de subir les affres des crises politiques. Tous ces troubles entravent le développement socio-économique. »
Face à ces défis, l’APF entend jouer pleinement son rôle d’organe de veille et de médiation. « Notre Assemblée devrait continuer de jouer un rôle de gardien attentif des pratiques démocratiques, des droits et des libertés, et surtout tenir compte des mutations politiques actuelles, essentielles pour le bien-être des populations. La diplomatie parlementaire demeure utile et essentielle pour l’avenir de notre continent », a réaffirmé le Premier vice-président de l’Assemblée nationale camerounaise, appelant à une vigilance accrue face aux reculs démocratiques observés dans certains États francophones.
Il a précisé que les travaux de ces assises, qui se poursuivront jusqu’au 16 avril, permettront aux participants d’analyser les situations politiques dans les États du continent et le fonctionnement administratif de la région, afin que celle-ci soit plus efficiente et attractive pour le bien-être des populations.
Pour sa part, la députée française Amélia LAKRAFI, Déléguée générale de l’APF, a porté un message résolument tourné vers l’avenir : « La francophonie n’est pas qu’un espace linguistique, c’est une communauté vivante, unie par des valeurs. » Elle a salué l’élan porté par l’Afrique au sein de l’Assemblée : « L’Afrique donne à notre Assemblée son souffle, son énergie, sa vitalité. » Elle a également plaidé pour une francophonie féministe, technologique et économique, insistant sur la nécessité d’amplifier les voix des jeunes, des femmes et de la société civile : « Nous devons porter une diplomatie féministe francophone, ancrée dans le réel, tournée vers l’émancipation, l’éducation, la lutte contre les violences et l’accès des femmes aux responsabilités. »
Tout en remerciant ses collègues parlementaires pour leur engagement, leur constance et leur énergie, la députée française a invité les participants à continuer « A construire ensemble une francophonie politique, une francophonie économique qui crée de la valeur, une francophonie humaine qui rassemble. »

Créée au Luxembourg en mai 1967 par les représentants de vingt-six Parlements sous l’appellation d’Assemblée internationale des parlementaires de langue française (AIPLF), l’institution devient Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) en juillet 1998 lors du sommet d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.
L’APF, qui regroupe plusieurs pays, a pour missions principales : la préparation et l’adoption de résolutions sur des sujets d’intérêt pour la communauté francophone, transmises aux chefs d’État et de gouvernement lors des sommets de la Francophonie ; la participation aux travaux de ces sommets ; l’analyse des crises politiques dans l’espace francophone ; la veille dynamique sur les actions en matière de démocratie, droits de l’homme, solidarité, langue française, diversité culturelle, éducation et formation ; ainsi que la mise en œuvre de programmes de renforcement des capacités parlementaires.
Dans une Afrique francophone en pleine mutation, cette 16e Conférence aura confirmé le rôle central des parlements dans la défense de la démocratie, du dialogue et du développement durable.
Photos :
- Une vue partielle des participants lors de la cérémonie d’ouverture des travaux ;
- Le Président de l’Assemblée nationale congolaise lors de son discours d’ouverture
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