La conférence débat organisé par la Maison russe de Brazzaville le vendredi 20 décembre 2024 sous la supervision de Maria FAKRUTHDINOVA , la Directrice du centre, a été un rendez vous culturel d’information et d’échanges sur les différents enjeux des BRICS. Des enjeux en apport entre autres avec l’ouverture à l’adhésion par plusieurs autres pays à cette l’organisation qui prône la construction d’un nouvel Ordre mondial multipolaire, plus juste et égalitaire. Les différents conférenciers, tous défenseurs de l’approche des BRICS ont, chacun dans son sous thème favorablement apprécié l’initiative de cette organisation, dont ils ont pensé qu’elle constitue un levier pour l’épanouissement des pays dit du sud global , dont ceux africains qui ploient encore sous le fardeau néocolonial de leur ancienne métropole.
Par Jean Eudes GANGA MICKEMBY, journaliste spécialiste des BRICS
« Les BRICS et les Etats africains : unis dans la construction d’un monde multipolaire plus juste », ce sous thème a été développé par le docteur Ernest TCHILOEMBA TCHITEMBO. Ici, l’orateur a présenté les BRICS comme un organe pouvant permettre aux Africains d’être des acteurs de la construction du nouvel Ordre mondial. Un nouvel Ordre mondiale qui, a-t-il soutenu, devrait remplacer celui mis en place en 1945 lors de la conférence de Yalta , au sortir de la deuxième guerre mondiale à laquelle l’Afrique était absente.
Ernest TCHILOEMBA TCHITEMBO a en outre présenté quelques projets au cœur de cette organisation à la porte de laquelle frappent plusieurs pays candidats à l’adhésion aujourd’hui . Parmi ces projets, celui relatif à la dédollarisation de l’économie mondiale pour les échanges commerciaux internationaux. Mais le nouvel Ordre Mondiale, voulu plus égalitaire et inclusif, débarrassé de l’hégémonie de l’occident collectif sur le sud global, nécessite, a indiqué l’orateur, que des mécanismes subtils soient imaginés. Pour lui, sous l’impulsion des BRICS, l’Afrique devra dans le cadre de ce nouvel Ordre mondial, s’appuyer sur « des appendices nécessaires à savoir des partenariats stratégiques Chine –Afrique, Russie-Afrique, Inde-Afrique , etc. A charge donc pour les Etats africains d’imaginer des mécanismes souples pour conférer à ces partenariats un fonctionnement qui s’adapte et s’harmonise avec le nouvel Ordre mondial ». Pour lui, « une telle évolution devrait interpeler la réflexion des élites politiques et intellectuelles africaines ».
Pour sa part, le Professeur Abira GALEBAYE a exposé sur le sous-thème « Le défis des BRICS dans l’ordre mondial ». L’orateur, aux allures très engagées a avancé quelques chiffres. Les BRICS c’est 40% de la population mondiale et 25 % PIB économie mondiale. Son exposé a brassé plusieurs problématiques : La redéfinition du système monétaire et financier mondial ; la redéfinition des règles de l’Organisation mondiale du commerce ; la difficulté pour les pays africains d’adhérer aux BRICS avec le Franc CFA comme monnaie, entre autres.

La banque des BRICS
La banque des BRICS pour le développement inaugurée en 2014 et qui se trouve à Shanghai en Chine été évoquée par le professeur Abira GALEBAYE, qui l’a présenté comme un des principaux levier de cette organisation hautement stratégique. Un outil majeur dans l’architecture de la restructuration du système économique mondiale, une vraie alternative au FMI et à la banque mondiale : « …vous avez la création des nouvelles institutions financières internationales donc la banque des BRICS qu’il faut créer , qui sera en opposition avec la banque mondiale et le Fonds monétaire international, la société financière internationale ».
Le professeur Abira GALEBAYE a par ailleurs fait état d’autres sujets comme ce qu’il a appelé la recomposition de l’ordre international avec la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour l’orateur, les BRICS devront aussi ne positionner comme porte-parole du sud global, et l’institution travaille à « promouvoir un ordre mondial multipolaire, c’est-à-dire la participation de tout le monde. Il n’est plus question que ce ne soit que les cinq qui résolvent les situations. C’est avéré ! l’ordre créé à Yalta ne répond plus ».
Le troisième orateur de cette conférence a été le Professeur Yvon Pierre NDONGO IBARA qui a exposé sur le sous thème « La co construction d’un monde plus humain ». Ce dernier a entre autres mis en avant les critiques formulés par les BRICS sur la gestion des conflits par l’Europe, indiquant au passage que les BRICS ont été créés sous le sceau de la paix et de la sécurité mondiale.
Photo à la une : Une vue du panel des conférenciers
Photo intérieur : Les participants
Crédit : Groupe Congo Médias

