Un long chemin déjà parcouru, d’innombrables services aux Congolais assurés, bref toute une histoire pour ce haut lieu de matérialisation de la coopération russo-congolaise et de diffusion de la culture de la grande et puissante Union soviétique d’abord, puis de la Russie après la chute du mur de Berlin. Les grands traits de la longue marche des 55 ans du centre culturel russe ont été présentés le mardi 26 décembre 2023 par Maria FAKHRUTDINOVA sa Directrice. L’appui à la formation des étudiants et professionnels Congolais, l’octroi des bourses, le brassage culturel ou encore l’apprentissage de la langue russe sont entre autres interventions qui ont donné du relief aux 55 ans de ce centre légendaire.
C’est un centre qui a traversé des époques politiques depuis sa création en 1968, avec pour corollaire des changements d’appellation. Centre culturel Soviétique, Centre culturel russe puis Maison russe aujourd’hui. La formation, l’éducation et la culture sont les principaux domaines dans lesquels travaille ce bras important de l’ambassade de la Fédération de Russie au Congo. En effet, a indiqué Maria FAKHRUTDINOVA lors de la conférence de presse qui lançait la série d’activités commémoratives, le Centre travaille à l’attribution de bourses aux étudiants Congolais , dont le nombre de demandeurs n’a de cesse d’aller crescendo , et l’année 2016 a marqué un tournant dans ce domaine : « …à partir de 2010, le nombre de bourse a augmenté cinq fois (…) en 2023 ce sont 250 bourses qui ont été octroyés. Nous constatons que les demandes sont croissantes parmi les jeunes ». Des bourses dont le nombre estpassé de 100 il y a quelques années à 250 à chacune des trois dernières années, a –t-on appris, et qui concerne plusieurs cycles. A ce jour, on estime à entre 9.000 et 10.000 le nombre de Congolais ayant déjà bénéficié de bourses de l’ex URSS ou de la Russie, a précisé Maria FAKHRUTDINOVA
Pour la Directrice de la Maison russe, l’appui à l’éducation c’est bien au-delà des bourses. En effet, dans ses interventions, le Centre culturel russe appuie aussi des professionnels dans le cadre de la formation en continue : « L’éducation ne s’arrête pas aux bourses. Je peux vous rappeler qu’il y a beaucoup de formations. Il y a les formations sur place comme cela a été le cas pour 100 médecins à travers tout le pays qui ont pu bénéficier d’une formation en continue ».
Ces dernières années, dans le domaine culturel, la Maison russe a beaucoup travaillé à la création d’un lien encore plus étroit avec le public et les artistes. En effet, chaque année, un concours de slam dans les langues russe et française est organisé, en plus de l’appui apporté à un concours de danse en lien avec les musiques urbaines jeunes. Aussi, les Congolais peuvent y aller apprendre gratuitement la langue russe, car des cours y sont organisés.
La rumba chantée en langue russe !
L’inscription de la rumba au patrimoine immatériel de l’Unesco a été fortement saluée par la Maison russe, a confié l’oratrice. Ainsi une idée de projet plutôt inédite en est née, chanter la rumba en langue russe. Et on y travaille déjà : « On a pensé qu’il ne faut pas seulement fêter mais aussi voir comment, en tant que maison russe, nous pouvons contribuer dans cette cause (…) on va travailler à promouvoir la rumba en milieu scolaire parce qu’il s’agit d’un héritage qui doit traverser plusieurs générations. Ce projet a inspiré une chanteuse russe qui ambitionne de chanter les chansons russes dans le style de la rumba congolaise. Sur ce projet nous continuons à travailler mais d’ores et déjà, des chansons, non seulement du Congo mais aussi celles de la RD Congo ont déjà été chantés lors de la semaine culturelle récemment organisée ».
Mais tout n’est pas rose pour la Maison russe. Celui-ci doit en effet faire face aujourd’hui à un sérieux problème d’espace et de structures d’accueil, tant sa fréquentation par le public devient de plus en plus exponentielle. Une contrainte reconnue du reste par la Directrice : « Pour les aspects négatifs, je pense qu’il faut parler de la salle qui est trop petite. Nous voyons que le nombre de Congolais à s’intéresser à nos évènements augmente. Ce qui a pour conséquence le fait que de temps en temps on organise des soirées dans la cours. C’est un indice qui nous montre que ça ne suffit plus ». Autre bémol épinglé, mais qui n’en sera plus un dès ce 6 janvier 2024, la salle numérique. Maria FAKHRUTDINOVA a en effet annoncé son ouverture pour mettre aux jeunes d’accéder à des contenus d’informations diversifiés.
L’agenda des activités relatives aux 55 ans
La célébration de cet évènement donnera lieu à une série d’activités : production d’émissions consacrées sur la culture russe, ouverture de la salle informatique, inauguration de l’ exposition consacrée à la maison russe, concert gala avec des artistes congolais, marche culturelle avec les artistes, inauguration des fresques consacrés au programme Saison russe.
Photo : Maria FAKHRUTDINOVA lors de la conférence de presse

